Valderez eut envie de lui répondre:

— Vous ne la trouvez pas si facile et si naturelle, puisque vous n'osez pas en parler vous-même à Elie.

Quand M. de Noclare se fut éloigné, Valderez enferma sa lettre dans l'enveloppe, sonna pour la remettre à un domestique, puis elle gagna la terrasse où, par ces belles matinées automnales, presque tièdes, aimait à se tenir la duchesse de Versanges, entourée d'un cercle plus ou moins nombreux, selon l'heure et les occupations de chacun.

En ce moment, elle n'avait près d'elle que M. d'Essil, Madeleine de Vérans et son fiancé, et Mme de Ghiliac, encore en tenue d'amazone, car elle venait de rentrer d'une promenade à cheval et s'était arrêtée au passage sur la terrasse.

— Je croyais trouver Elie ici, dit Valderez.

— Elie? Il est dans la roseraie, répondit Mme de Ghiliac. En passant tout à l'heure par l'allée haute du parc, nous l'avons aperçu avec la princesse Ghelka, qui cueillait des roses.

Sous ses paupières un peu abaissées, elle jetait un coup d'oeil sur sa belle-fille. Mais Valderez se trouvait tournée un peu de côté, et l'expression de sa physionomie échappa à la marquise.

— Les voilà, dit M. d'Essil.

Elie arrivait en effet, et près de lui marchait la princesse Ghelka, dont les bras retenaient une gerbe de roses. En arrivant sur les degrés de la terrasse, elle l'éleva au-dessus de sa tête.

— Voyez donc! Elles sont magnifiques!