— Que veux-tu, ma Cécile? demanda-t-elle.
— Bertrand dit qu'il est l'heure de goûter, Valderez, fit une petite voix légèrement bégayante. Et papa se fâche parce qu'il ne trouve pas la clef du grenier aux vieux livres.
Valderez plongea vivement la main dans la poche de sa robe.
— C'est vrai, j'ai oublié de l'accrocher à sa place! Viens la chercher, Cécile.
L'enfant descendit et s'avança à petits pas pressés. Elle prit la clef que lui tendait sa soeur, mais demeura immobile, en levant vers Valderez un visage un peu inquiet.
— Eh bien! qu'attends-tu? demanda la jeune fille d'un ton malicieux.
— Mais… Bertrand voudrait bien goûter!
Un éclat de rire délicieusement jeune et frais s'échappa des lèvres de
Valderez.
— Et Mlle Cécile aussi, n'est-ce pas? Allons, rentre vite, je vais avoir fini dans cinq minutes. Ne perds pas la clef, surtout!
Elle se pencha pour ramener sur les épaules de l'enfant la petite pèlerine qui glissait. Ce mouvement fit tomber son propre capuchon, mal attaché. Entre les nuages gris pâle dont le ciel était parsemé, un rayon de soleil perça à ce moment; il éclaira triomphalement un visage aux lignes pures, un teint d'une merveilleuse blancheur, une chevelure souple, ondulée, d'un brun doré admirable.