Il lui remit un très mince paquet entouré d'un coquet ruban, que
Valderez prit en remerciant avec une grâce timide.

Elle s'en alla à la recherche de la chronique et revint bientôt avec un rouleau de parchemins jaunis. M. de Ghiliac, s'étant excusé fort courtoisement de la déranger ainsi, se mit à parcourir les vieux papiers, tout en continuant de s'entretenir avec son hôte. De temps à autre, il s'interrompait pour demander une explication à Valderez, que son père lui avait désignée comme étant au courant des antiques chroniques du pays. Elle répondait avec beaucoup de clarté et une très grande simplicité, bien qu'au fond elle ressentît une gêne intense devant ce brillant étranger dont le superbe regard semblait vouloir fouiller jusqu'au plus profond de l'âme.

— Je regrette de ne pouvoir pousser plus loin mes recherches là dedans. Je suis sûr que j'y découvrirais des choses fort curieuses, dit M. de Ghiliac en roulant avec soin les parchemins.

— Mais emportez-les donc, monsieur! Et ne vous gênez pas pour les garder tant qu'il vous plaira! s'écria avec empressement M. de Noclare, qui semblait littéralement en extase devant lui.

— Mais je priverais peut-être mademoiselle?… dit Elie en se tournant vers Valderez.

Elle secoua négativement la tête.

— Je n'ai plus le temps de m'occuper de ces recherches. Emportez ces papiers sans crainte, monsieur.

Il s'inclina avec un remerciement, et, jetant un coup d'oeil sur la pendule, se leva en faisant observer qu'il était temps pour lui de songer au départ, s'il ne voulait manquer l'heure du train. Il prit congé de Mme de Noclare et de Valderez, et sortit du parloir avec M. de Noclare.

— Eh bien! eh bien! qu'est-ce que cela? Valderez, ne peux-tu surveiller ces enfants? s'écria M. de Noclare avec irritation.

Dans le vestibule, Cécile et un petit garçon du même âge se trouvaient près du coffre, où M. de Ghiliac avait déposé sa pelisse et s'amusaient à enfouir leur visage dans la fourrure magnifique qui ornait celle-ci.