— Ne crains rien, ma Lise, ma petite reine! Je t'aime, et tu feras de moi ce que tu voudras.

Un effarement s'exprima dans les grands yeux noirs. Mais le regard qui s'attachait sur Lise complétait éloquemment les paroles inattendues. Le teint livide se rosa légèrement, les longs cils noirs frémirent, toute la physionomie de la jeune femme parut s'éclairer d'un reflet de bonheur.

— Serge!

Elle ne put dire que ce mot, car sa faiblesse était telle qu'elle se sentait presque dans l'impossibilité de parler. Mais tandis qu'il la serrait plus étroitement contre son coeur, elle appuya son front sur son épaule en un mouvement d'enfant confiante qui s'abandonne à une puissante protection.

— Il faut que la princesse soit mise tout de suite au lit, dit le docteur Vaguédine. Pendant ce temps, j'irai préparer les médicaments nécessaires.

Sans doute, à ce moment, le souvenir de la scène affreuse reparut-il dans le cerveau de Lise, qui se dégageait des brumes dont l'avait enveloppé l'évanouissement. Elle tressaillit et une expression d'horreur bouleversa sa physionomie.

— Oh… ces yeux!… C'est un loup! Serge, chassez-le!

Tremblante des pieds à la tête, elle se cramponnait au cou de son mari.

— Il n'y a rien, ma chérie! Tu es dans ta chambre, vois donc, et je suis là, près de toi. Ne crains rien, ma colombe!

Sous les caresses, sa frayeur parut s'apaiser. Mais elle s'aperçut alors que son bras était blessé, et, du regard, interrogea son mari et le docteur.