GABRIEL-MARIE DES FORCILS
RETOURNE A DIEU A L'AGE DE DIX-HUIT ANS

La jeune fille inclina un peu la tête et l'appuya sur ses petites mains jointes. Des larmes glissaient sur ses joues et tombaient sur les fleurs blanches.

— Gabriel, comme vous me manquez! murmura-t-elle.

Derrière elle, dans l'allée étroite, une femme en deuil s'avançait. Elle vint s'agenouiller près de la jeune fille et, entourant de son bras les épaules encore graciles, mit un long baiser sur le beau front qui se levait vers elle.

— Vous ne l'oubliez pas, chérie, petite Lise qu'il aimait tant! dit-elle d'une voix étouffée par les sanglots.

— L'oublier! Oh! madame!

Elle pleurait. Sur les fleurs blanches, les larmes de la mère se mêlaient à celles de l'amie d'enfance. Lise commença le De profundis. Le répons sortit comme un souffle insaisissable des lèvres frémissantes de Mme des Forcils. Les yeux bleus pâlis par tant de larmes versées — elle était veuve et venait de perdre son dernier enfant — se fixaient sur la croix avec une expression de douleur résignée.

Requiescant in pace! dit la voix tremblante de Lise.

Le bras de Mme des Forcils se serra un peu plus contre ses épaules.