— Lise!
Elle leva ses yeux, encore embués de larmes, et regarda successivement, d'un air interloqué, l'étui qui lui était présenté et le visage du prince Ormanoff.
— Vous ne fumez pas?
— Oh! non! dit-elle d'un ton effaré.
— C'est cependant chose fréquente dans notre pays, et il faudra vous y accoutumer, car il me plaît de voir parfois une cigarette entre de jolies lèvres.
Elle semblait si absolument abasourdie, et suffoquée même, qu'un léger sourire vint aux lèvres de Serge.
— Cela paraît vous étonner prodigieusement, petite Lise? Il est vrai que ma cousine Catherine ne fumait jamais, mais votre mère, en revanche, était une fervente de la cigarette.
Lise dit timidement:
— Vous avez beaucoup connu maman… prince?
— Appelez-moi Serge. Oui, je l'ai vue pendant plusieurs années, durant mes séjours à Moscou et à Pétersbourg. J'étais très jeune, alors. Elle vint aussi une année, à Kultow, avec sa cousine Catherine. Déjà elle était fiancée au vicomte de Subrans… Donnez-moi votre main, Lise. J'ai pu trouver à Périgueux une fort jolie bague, en attendant que je vous en choisisse une autre à Paris.