Alors elle se réfugia dans un angle de la pièce, sur un petit canapé, et, mettant son visage entre ses mains, elle pleura sans contrainte.
Pourtant, Serge pouvait revenir d'un moment à l'autre. Mais Lise était à un de ces moments de découragement, d'amère tristesse où tout importe peu, où rien ne semble pire que ce que l'on endure.
Quand, au bout de quelque temps, ses doigts s'écartèrent, laissant voir son visage couvert de larmes, elle eut un sursaut d'effroi. Deux grands yeux jaunes la regardaient. Varvara Dougloff était devant elle.
— Il ne faut pas pleurer, dit une voix lente et terne. Olga ne pleurait jamais.
Lise se redressa, et un éclair de fierté et de révolte brilla dans ses yeux.
— Je ne suis pas Olga!
Les cils pâles s'abaissèrent un peu, tandis que Varvara murmurait d'un ton étrange:
— C'est vrai, vous n'êtes pas Olga.
VIII
Le même soir, Serge apprit à sa femme que la grande-duchesse, cousine du tsar, qui avait vu la nouvelle princesse Ormanoff à l'église le dimanche précédent, venait de lui faire connaître son désir que la jeune femme lui fût présentée le lendemain.