— Racontez-moi donc ce que vous a dit le grand-duc, ma chère, dit-il tout à coup.
Une teinte pourpre monta aux joues de Lise. Sa modestie s'émouvait à l'idée de répéter ces paroles flatteuses.
— Voyons! j'attends, dit-il en voyant qu'elle restait silencieuse.
Lise, confuse, s'exécuta pourtant, car elle savait maintenant qu'on ne résistait jamais aux exigences de Serge Ormanoff.
— Cela vous a fait plaisir?
Il se penchait un peu et plongeait son regard dans celui de la jeune femme.
— Oh! pas du tout! dit-elle spontanément.
Ses grands yeux limpides et graves ne se baissaient pas sous le regard impératif, bien que la jeune femme dût s'avouer qu'il ne lui avait jamais paru plus énigmatique, plus troublant que ce soir.
— C'est bien, dit-il tranquillement. Laissez-moi toujours lire dans vos yeux comme ce soir, Lise, et ne me cachez jamais rien.
Elle sentit qu'un bras entourait doucement son cou, que des lèvres effleuraient ses cheveux et se posaient sur sa tempe. Son regard, un peu effacé par la stupéfaction, rencontra des yeux tout à coup très bleus, tels qu'elle ne les avait jamais vus…