— Madame!… Oh! Altesse! s'écria-t-elle en joignant les mains. Que va-t-il arriver?… Seigneur! Seigneur!
— Ne vous inquiétez pas, Dâcha. Il n'arrivera jamais rien que Dieu n'ait permis.
Le calme, la douce sérénité de la jeune femme parurent stupéfier Dâcha, en la réduisant au silence. Sans mot dire, elle revêtit sa maîtresse d'une vaporeuse robe d'intérieur, toute rose, qui seyait mieux que tout autre à la beauté de Lise. Ne fallait-il pas tout faire pour adoucir la terrible colère qui éclaterait tout à l'heure?
Mais en vaquant à sa tâche, Dâcha demandait quelle mystérieuse influence amenait dans le regard de lise ce rayonnement céleste.
La jeune princesse congédia Dâcha et, s'asseyant dans son salon, se mit à prier. De temps à autre, un frisson impossible à réprimer la secouait. La veille, Serge s'était montré précisément plus froid et plus fantasque que jamais, presque dur même à certains instants. Avait-il eu l'intuition de la révolte qui se préparait?
Elle tressaillit tout à coup, en serrant nerveusement ses mains l'une contre l'autre. Une porte s'ouvrait, laissant apparaître le prince Ormanoff.
Il n'y avait aucune expression inusitée sur sa physionomie. Seuls, les yeux, d'un vert sombre, presque noirs, annonçaient l'orage.
Il s'avança vers Lise, et, lui saisissant le poignet, l'obligea à se lever.
— Où avez-vous été ce matin? interrogea-t-il.
— A la messe, Serge.