X
— Ma tante, voulez-vous me permettre d'aller avec vous?
C'était Sacha qui adressait cette demande à Lise, en la rencontrant dans un corridor du château, toute prête pour faire une courte promenade dans le parc.
Elle répondit affirmativement, et bientôt tante et neveu s'engagèrent dans une allée.
Sacha bavardait. Il racontait qu'Ivan Borgueff, le sommelier, avait bu plus que de raison hier soir et qu'il disait toutes sortes de choses étranges. Lui, Sacha, avait entendu par hasard.
— Il racontait qu'il savait un secret qui pourrait faire jeter en prison une parente du prince Ormanoff. Mais celui-ci lui avait ordonné de se taire, et il obéissait. Pourtant, il savait très bien qui avait disjoint les marches de la vieille tour, pour que la jolie comtesse fît une chute terrible. Je suis resté un moment pour tâcher de savoir de qui il voulait parler. Mais il ne prononçait pas de nom… C'est égal, si mon oncle apprend cela, je crois qu'Ivan ne sera pas long à déguerpir!
Tour en causant, ils avaient fait une bonne petite traite. Lise dit tout à coup:
— C'est assez! il est temps de retourner. Nous sommes même allés trop loin, Sacha, car votre oncle nous avait bien défendu de nous éloigner, à cause des loups qui commencent à se rapprocher.
Ils rebroussèrent chemin. Devant eux, venant en sens inverse, s'avançait un homme portant la tenue des gardes forestiers du prince Ormanoff. Lorsqu'il fut à quelques pas de la princesse et de Sacha, il enleva son bonnet de fourrure.
— Qu'avez-vous? s'exclama Lise.