— Votre soeur m'avait dit que vous ne vouliez voir personne, balbutia-t-elle en rougissant sous cette parole qui semblait un reproche.
— Alors vous vous êtes crue englobée avec les autres dans cette interdiction? Oubliez-vous que vous êtes ma femme et qu'à ce titre vous me devez vos soins?
— Mais je ne demande pas mieux! dit-elle spontanément. Je suis toute prête, Serge…
— Merci, l'intention me suffit… Ah! si, tenez, puisque vous êtes là, donnez-moi donc de la quinine. Je sens que la fièvre augmente. Vous en trouverez là, sur ce meuble. Le docteur a tout préparé.
— Souffrez-vous beaucoup? demanda timidement Lise tout en se dirigeant vers le meuble désigné.
— Beaucoup, oui. Mais j'ai la force nécessaire pour supporter cela.
Les Ormanoff n'ont jamais craint la douleur physique.
Tandis qu'il avalait le médicament préparé par elle, Lise constata que son visage était profondément altéré et que des frémissements de souffrance y passaient. Mais le regard conservait toujours toute son énergie hautaine.
— Maintenant, asseyez-vous là, dit-il en désignant un siège près de lui. Et racontez-moi pourquoi Lydie ne vous accompagnait pas aujourd'hui.
La jeune femme rougit un peu.
— Elle n'était pas disposée… Vous savez qu'elle est souvent fatiguée…