— Pas plus que vous, certainement. Et les promenades font partie du régime qui lui est prescrit. Ces abstentions se renouvellent-elles souvent?
— Quelquefois… murmura Lise avec embarras. Mais je vous assure que je trouve tout naturel…
— Vous, peut-être, mais moi, non. Il faudra que cela change… Mais peut-être préférez-vous la compagnie de Sacha à celle de sa mère? Je ne fais aucune difficulté pour reconnaître que ma soeur n'est pas fort intéressante.
Et sa bouche eut un pli de dédain.
— Je ne dis pas cela… Mais j'aime beaucoup Sacha, qui est affectueux et gai.
— Eh bien! prenez-le pour compagnon. Lydie pourra paresser tout à loisir, quand elle aura bien digéré les reproches que je lui prépare.
— Ne lui dites rien à cause de moi, je vous en prie! murmura Lise d'un ton suppliant.
— A cause de vous?… Mais non, ma chère, il s'agit ici simplement d'un désir exprimé par moi, et considéré comme non avenu par ma soeur. C'est moi qui me trouve l'offensé.
Lise rougit. A quoi songeait-elle donc, en effet? Qu'importait à Serge que sa femme fût traitée plus ou moins aimablement, qu'elle souffrît même de mauvais procédés? La seule faute impardonnable, pour lui, était l'insoumission à ses volontés.
Il fermait les yeux et demeurait silencieux. La fièvre empourprait un peu ses joues. Près de lui, Lise restait immobile, regardant le décor magnifique au milieu duquel elle se trouvait. La chaleur et les parfums de cette pièce l'oppressaient singulièrement — mais moins encore, peut-être, que la présence de celui qui n'avait jamais su que la faire souffrir.