—Grand'mère!

Ce cri s'échappa, déchirant, des lèvres d'Isabelle. Ses mains se joignirent dans un geste de supplication passionnée… Mais elle ne rencontra qu'un visage glacé et inexorable.

—Je vous l'ai dit, Isabelle, tout est inutile. Je veux ce mariage… Allez maintenant à votre ouvrage, vous n'avez que trop perdu de temps avec vos ridicules raisonnements.

Elle se détourna et s'assit devant sa table… Isabelle s'éloigna d'un pas chancelant. A la porte, elle se heurta à M. Marnel. L'écrivain recula devant ce visage éclairé par la grande lanterne du vestibule que venait d'allumer Rosalie.

—Etes-vous malade, mon enfant?… Que vous arrive-t-il?

Elle fit un geste vague et s'éloigna rapidement vers l'escalier.

M. Marnel entra dans la galerie. Madame Norand, qui feuilletait un volume, tourna la tête vers lui, et il put constater qu'aucune émotion n'avait laissé sa trace sur cette physionomie accentuée.

—Vous allez me conseiller, Marnel. Je suis embarrassée entre deux citations…

—Très volontiers, Sylvie… mais dites-moi auparavant ce qui arrivé à votre petite-fille. Elle avait une triste figure, la pauvre enfant!

—Rassurez-vous, dit sèchement Madame Norand en levant les épaules avec dédain. Ce sont de folles idées de jeune fille auxquelles je viens de mettre ordre… Et, puisque vous voilà, je puis aussi bien vous annoncer maintenant les fiançailles d'Isabelle avec M. Piron, le voisin que vous avez vu ici il y a quelques jours.