En franchissant le seuil du vestibule, la comtesse Gisèle s'arrêta en murmurant:

—Voyons, je rêve?… Des fleurs ici!

—Par exemple! murmura la voix stupéfiée d'Irène.

Oui, le vestibule était garni de fleurs… garni avec une profusion inouïe, embaumé de pénétrants parfums. Et parmi ces fleurs venues sans doute du littoral méditerranéen, héliotropes, oeillets énormes, narcisses, anémones, parmi les délicates bruyères roses et blanches, les grandes violettes au parfum léger, les orchidées superbes; dominaient le muguet et les roses… roses nacrées, roses thé, roses pourpres, un ruissellement de corolles odorantes, veloutées ou satinées, aux nuances exquises.

La stupeur de la comtesse Zolanyi était telle qu'elle balbutia cette question pourtant bien inutile:

—Mais, Vildy, c'est Son Excellence qui a donné l'ordre?…

—Oui, Votre Grâce, répondit le majordome, dissimulant, en personnage bien stylé, l'étonnement que devait lui causer pareille question.

La comtesse, réussissant à dominer sa surprise, se dirigea avec ses filles vers l'escalier. Myrtô les suivit, et, au premier étage, s'arrêta pour demander:

—J'occupe toujours la même chambre, n'est-ce pas, ma cousine?

—Mais sans doute… Je pense que Katalia l'a fait préparer…