—C'est que me voilà fort embarrassée, alors!… Je ne vois vraiment pas trop… A moins que… Mais oui, cela arrangerait tout! s'écria-t-elle d'un ton triomphant, en se frappant le front. Vous m'avez dit que vous aviez des diplômes?
—Oui, mes deux brevets.
—Vous êtes musicienne?
—Violoniste.
—Oh! parfait! Mes filles adorent la musique, et vous enseigneriez le violon à Renat… Vous dessinez peut-être aussi?
—Mais oui, un peu.
—Tout à fait bien!… Connaissez-vous la langue magyare?
—Comme le français. Nous parlions indifféremment l'un et l'autre, ma pauvre maman et moi. Je parle également le grec, et un peu l'allemand.
—Allons, mon enfant, je crois que tout va s'arranger! dit la comtesse d'un ton satisfait, en saisissant la main de la jeune fille. Voici ce que je vous propose: Fraulein Loenig, l'institutrice bavaroise de mes enfants, doit nous quitter l'année prochaine. Voulez-vous accepter de la remplacer? Comme son engagement avec moi court pendant un an encore, et que je n'ai aucun motif de lui infliger le déplaisir d'un renvoi avant l'heure, vous demeureriez en attendant avec nous, vous donneriez des leçons de violon à mon petit Renat, vous feriez de la musique avec mes filles aînées… Enfin, vous trouverez à vous occuper, quand ce ne serait qu'à me faire la lecture, mes yeux se fatiguant beaucoup depuis un an.
—De cette manière, oui, j'accepte avec reconnaissance! dit Myrtô dont la physionomie s'éclairait soudain. Je vous remercie, Madame.