—Oh! volontiers! Mais n'aviez-vous pas quelque chose à demander à Mgr
Gisza avant son départ?

—C'est vrai! Voyez comme j'ai besoin d'avoir près de moi ma chère petite femme pour me rappeler tout!… Allez en avant, Myrtô chérie, je vous rejoindrai dans un instant.

Il l'attira à lui, la baisa au front et s'éloigna d'un pas rapide.

Une bizarre impression s'empara soudain de Myrtô.

Il lui vint l'envie folle de le rappeler, de lui crier: "Non, non, restez près de moi!"

Allons, la fatigue l'avait rendue aujourd'hui bien nerveuse!… Elle raconterait tout à l'heure à Arpad cette singulière idée, et ils riraient tous deux de cet effroi enfantin.

Elle se dirigea lentement vers le parc. Cette fin d'après-midi était d'une douceur pénétrante, empreinte de ce charme particulier des premières journées automnales. Les feuillages prenaient déjà quelques teintes chaudes, le soleil déclinant répandait une tiédeur exquise dans l'atmosphère.

Comme la jeune femme passait près d'un bosquet, elle vit remuer le feuillage, et elle ne put retenir un mouvement d'effroi lorsqu'une femme, couverte d'un manteau noir à capuchon, se dressa tout à coup devant elle.

—Que faites-vous là? dit-elle en se ressaisissant aussitôt.

L'inconnue, au lieu de répondre, interrogea en allemand, mais avec un accent étranger: