—Oh! non, je ne veux pas!… pas maintenant? murmura-t-elle en comprimant sa poitrine où le coeur battait à grands coups précipités. Il faut que je parte… je lui écrirai…
Elle ne songeait pas à toutes les impossibilités qui se dressaient devant elle. Un effroi irraisonné, une crainte déchirante de voir "sa" douleur l'emportaient, la faisaient se dresser débout, prête à fuir au hasard…
Mais il était trop tard, un pas bien connu se faisait entendre… le prince apparaissait, se hâtant, le visage radieux…
—Enfin, me voilà, Myrtô! Mon excellent oncle m'a un peu retenu…
Mais qu'avez-vous?
Il prononçait ces mots d'un ton de terreur, en s'élançant vers la jeune femme dont le visage était décomposé et les yeux presque hagards.
Elle étendit les mains en balbutiant:
—Partez, Arpad… laissez-moi… Je vous expliquerai… Mais je ne suis pas votre femme…
—Myrtô!
Elle comprit, à sa physionomie et au son de sa voix, qu'il la croyait folle.
—Oh! non, j'ai toute ma raison! dit-elle d'un ton brisé. Il faut nous séparer, Arpad, Dieu ne permet pas que je remplisse près de vous les devoirs que j'avais acceptés avec tant de bonheur.