—Oui, Votre Excellence.

—Va, et ne perds pas de temps.

—Vous voulez la faire arrêter, Arpad? dit Myrtô, lorsque le garde se fut éloigné.

—Certes!… J'avais appris il y a quelque temps qu'on la recherchait comme coupable d'une récente escroquerie, et hier, il m'est parvenu un rapport sur sa présence aux environs. J'ai eu le tort de n'y pas accorder l'attention nécessaire… Quelle souffrance je vous aurais évitée ainsi, ma Myrtô!

Il contemplait avec douleur le cher visage où demeuraient encore les traces de l'épouvantable angoisse qui avait bouleversé le coeur de Myrtô.

—Oh! c'est fini maintenant! dit-elle en souriant pour le rassurer. C'est fini, mon cher Arpad, puisque je sais maintenant que tout cela n'était qu'un mauvais rêve.

Mais un frisson rétrospectif la secouait encore.

—Si vous vous sentiez assez forte, nous rentrerions, chérie. L'air fraîchit un peu, et vous n'êtes pas suffisamment couverte.

—Oh! oui, je marcherai, avec votre appui, Arpad!

Lentement, car elle était encore affaiblie après cette terrible secousse morale, ils revinrent vers le château. Dans les salons, dans les jardins, on dansait au son des orchestres de tziganes. Personne ne s'était douté du bref petit drame qui avait eu surtout pour théâtre le coeur de Myrtô.