—Oui, je le crois, mon Père.
C'était en effet Casimir Buhocz. Il s'arrêta près du prêtre et de Myrtô et les salua en disant:
—Je viens d'apprendre une bien mauvaise nouvelle, mon Père.
—Laquelle donc, mon ami?
—Des tziganes, au retour de pérégrinations en Orient, ont rapporté ici les germes d'une maladie terrible et peu connue encore, une sorte de fièvre qui est à peu près sûrement mortelle, pour les adultes, surtout. S'ils en réchappent, leur santé reste profondément atteinte, il leur demeure très souvent quelque pénible infirmité, leur visage garde les marques de la maladie et devient un masque hideux.
—C'est une sorte de petite vérole, alors! dit Myrtô.
—Cela s'en rapproche sous certains côtés, mais en pire encore. La maladie est moins dangereuse pour les enfants, quand ils sont bien constitués on les sauve assez facilement.
—Mais je n'ai pas entendu parler de cela! dit le Père Joaldy avec surprise.
—Les tziganes le cachaient, mais un homme du village de Lohacz vient d'être atteint et l'effroi s'est répandu aussitôt. Ce soir, tout le monde le saura. Je viens de prévenir à Voraczy, pour que Son Excellence prenne les mesures nécessaires.
L'ispan salua et s'éloigna.