—Je l'espère, mon chéri, si vous êtes bien sage, si vous faites tout ce que dira le docteur, répondit-elle tendrement.

—Oui, oui… Mais vous ne me quitterez pas, Myrtô!

—Non, non, mon petit enfant, ne craignez rien!

Elle s'assit près de son lit et prit dans sa main celle de l'enfant… Le prince Milcza était rentré dans la pièce voisine. A travers la porte, Myrtô entendait par moment sa voix brève, qui prenait peu à peu des intonations irritées…

La porte s'ouvrit tout à coup, il entra, le front contracté.

—On ne peut retrouver cette femme! dit-il à voix basse. Elle se sera enfuie en voyant l'enfant malade… Ce qui nous prouve, jusqu'à l'évidence, qu'elle était la coupable. Je lui trouvais aussi ce soir un air singulier, elle semblait ne pas oser lever les yeux!… La misérable, échappant quelques instants à ma surveillance, aura réussi à communiquer avec quelqu'un des siens. Macri vient de me dire que sa mère et un de ses enfants sont atteints. Il n'y a plus besoin de chercher comment Karoly a pu éprouver les effets de la contagion!

Sa voix se brisa un peu… Il s'approcha du lit, se courba vers l'enfant, le couvrit d'un long regard…

—Mon amour, mon Karoly, nous te sauverons, dit-il d'un ton sourdement passionné! Et je ne te quitterai plus, mon bien-aimé, ne crains rien!

—Papa… Myrtô…, murmura l'enfant.

—Oui, mon chéri, elle aussi restera près de toi… Et le docteur
Hedaï va te guérir bien vite, tu verras.