Quelles inflexions caressantes et chaudes savaient prendre cette voix impérative et dure! Quelle tendre douceur pouvaient refléter ces prunelles superbes!
Le docteur entra. Il venait indiquer à Myrtô différentes précautions hygiéniques à prendre. Puis il examina de nouveau le petit malade… Sa physionomie reflétait, malgré lui, quelque chose de sa profonde inquiétude. Le prince, le saisissant par le bras, l'écarta du lit et demanda d'une voix frémissante:
—Le sauverez-vous, voyons?… le sauverez-vous?
—Il y a encore de l'espoir, Excellence…
—De l'espoir!… de l'espoir seulement!… Mais c'est une certitude que je veux! dit le prince entre ses dents serrées.
—Personne ne pourra la donner à Votre Excellence, répliqua tristement le vieux médecin. Je ferai tout le possible, je ne puis dire davantage. Je viens de télégraphier à Budapest, un de mes confrères sera ici demain. Mais, comme je l'ai dit à Votre Excellence, il sera trop tard. Demain, l'enfant sera sauvé, ou…
Il n'osa achever… Mais le prince avait compris. D'un pas d'automate, il revint vers le lit et s'assit à côté en attachant son regard ardent sur le visage défiguré de l'enfant.
Le docteur se retira dans la pièce voisine et s'étendit sur un canapé pour se tenir prêt à répondre au premier appel… Près de l'enfant, son père et Myrtô demeurèrent seuls, écoutant, silencieux et l'âme déchirée, la respiration de plus en plus haletante du petit malade.
* * * * *
L'aube, en se levant, éclaira l'agonie de l'enfant. Les efforts de la science étaient impuissants à sauver le petit être trop faible pour supporter un pareil assaut.