Il eut un geste contrarié et un impatient mouvement de sourcils.
—Vous renverrez les questionneurs à leurs affaires, voilà tout!
—Même si c'est votre mère?
—Ma mère dort encore à cette heure. Les domestiques se lèvent à peine, les jardiniers n'ont certainement pas commencé leur travail… Du reste, faible comme vous l'êtes, je ne vous laisserai certainement pas retourner seule quand même je devrai raconter devant tous ce qui s'est passé tout à l'heure.
Subjuguée par la décision de son accent, elle posa sa main sur le bras qu'il lui présentait, et soutenue par lui, descendit lentement les degrés.
Un frisson la secoua tout à coup. A quelques pas d'elle, elle venait d'apercevoir le revolver que le prince avait jeté loin de lui au moment où il s'élançait vers elle.
—Oh! pardon, j'aurais dû le faire disparaître! dit-il.
Il le ramassa et le glissa dans une poche de son vêtement. Il rencontra alors le regard de Myrtô, exprimant une supplication poignante.
—Oui, je vous promets de ne plus m'en servir pour un pareil motif, dit-il avec émotion. Mais vous prierez un peu pour moi, Myrtô, car je souffre tant!
La main de Myrtô se glissa dans son corsage, elle y prit la petite croix d'argent. Ses grands yeux émus et doux se levèrent vers le prince.