—Je ne sais si je me suis trompée, dit-elle timidement, mais j'ai cru comprendre que vous seriez heureux de garder cette croix en souvenir de votre cher petit. Si vous vouliez l'accepter?
—Oh! non, non! dit-il vivement. Vous êtes admirablement bonne et délicate, mais je refuse ce sacrifice, Myrtô.
—Acceptez, je vous en prie! Je serai si heureuse de penser que vous portez comme une égide ce souvenir de notre rédemption qui a reçu le dernier soupir de ma chère chérie et de votre petit bien-aimé!
Et, doucement, elle lui mettait la croix dans la main.
—Mais vous… vous? dit-il d'une voix étouffée par l'émotion.
—Moi, je penserai avec bonheur que cette croix vous aidera peut-être à trouver la résignation et le repos, répondit-il gravement.
Il entr'ouvrit son vêtement et introduisit la croix dans une poche intérieure.
—Je n'ai pas de paroles pour vous remercier, Myrtô! Mais souvenez-vous que vous pouvez maintenant tout demander à votre cousin.
Il lui présenta de nouveau le bras, et tous deux prirent le chemin du château.
Comme l'avait dit le prince, les jardins étaient complètement déserts, le château encore endormi. Avant d'y atteindre, Myrtô s'arrêta.