—Aussi Tanié, las de lutter contre le besoin, ou plutôt de retenir dans l'indigence une femme charmante, obsédée d'hommes opulents qui la pressaient de chasser ce gueux de Tanié...
—Ce qu'elle aurait fait quinze jours, un mois plus tard.
—Et d'accepter leurs richesses, résolut de la quitter, et d'aller tenter la fortune au loin. Il sollicite, il obtient son passage sur un vaisseau du roi. Le moment de son départ est venu. Il va prendre congé de Mme Reymer. «Mon amie, lui dit-il, je ne saurais abuser plus longtemps de votre tendresse. J'ai pris mon parti, je m'en vais.—Vous vous en allez!—Oui...—Et où allez-vous?...—Aux îles. Vous êtes digne d'un autre sort, et je ne saurais l'éloigner plus longtemps...»
—Le bon Tanié!...
«—Et que voulez-vous que je devienne?...»
—La traîtresse!...
«—Vous êtes environnée de gens qui cherchent à vous plaire. Je vous rends vos promesses; je vous rends vos serments. Voyez celui d'entre ces prétendants qui vous est le plus agréable; acceptez-le, c'est moi qui vous en conjure...—Ah! Tanié, c'est vous qui me proposez...»
—Je vous dispense de la pantomime de Mme Reymer. Je la vois, je la sais...
«—En m'éloignant, la seule grâce que j'exige de vous, c'est de ne former aucun engagement qui nous sépare à jamais. Jurez-le-moi, ma belle amie. Quelle que soit la contrée de la terre que j'habiterai, il faudra que j'y sois bien malheureux s'il se passe une année sans vous donner des preuves certaines de mon tendre attachement. Ne pleurez pas...»
—Elles pleurent toutes quand elles veulent.