—«... Et ne combattez pas un projet que les reproches de mon cœur m'ont enfin inspiré, et auxquels ils ne tarderont pas à me ramener.» Et voilà Tanié parti pour Saint-Domingue.

—Et parti tout à temps pour Mme Reymer et pour lui.

—Qu'en savez-vous?

—Je sais, tout aussi bien qu'on le peut savoir, que quand Tanié lui conseilla de faire un choix, il était fait.

—Bon!

—Continuez votre récit.

—Tanié avait de l'esprit et une grande aptitude aux affaires. Il ne tarda pas d'être connu. Il entra au conseil souverain du Cap. Il s'y distingua par ses lumières et par son équité. Il n'ambitionnait pas une grande fortune; il ne la désirait qu'honnête et rapide. Chaque année, il en envoyait une portion à Mme Reymer. Il revint au bout... de neuf à dix ans; non, je ne crois pas que son absence ait été plus longue... présenter à son amie un petit portefeuille qui renfermait le produit de ses vertus et de ses travaux... et heureusement pour Tanié, ce fut au moment où elle venait de se séparer du dernier des successeurs de Tanié.

—Du dernier?

—Oui.

—Il en avait donc eu plusieurs?