—Ai-je mal fait?
—Non, parce qu'il n'y a point de bon conseil pour un sot. Quoi donc, est-ce que cet homme n'est pas le plus proche parent de sa femme? Est-ce que le bien qu'il a retenu ne lui a pas été donné en dot? Est-ce qu'il ne lui appartient pas au titre le plus légitime? Quel est le droit de ces collatéraux?
MON PÈRE.
Tu ne vois que la loi, mais tu n'en vois pas l'esprit.
MOI.
Je vois comme vous, mon père, le peu de sûreté des femmes, méprisées, haïes à tort à travers de leurs maris, si la mort saisissait ceux-ci de leurs biens. Mais qu'est-ce que cela me fait à moi, honnête homme, qui ai bien rempli mes devoirs avec la mienne? Ne suis-je pas assez malheureux de l'avoir perdue? Faut-il qu'on vienne encore m'enlever sa dépouille?
MON PÈRE.
Mais si tu reconnais la sagesse de la loi, il faut t'y conformer, ce me semble.
MA SŒUR.
Sans la loi il n'y a plus de vol.