—C'est donc un parti pris? Vous voulez nous déshonorer, nous rendre et devenir la fable publique, vous perdre!

—Je veux sortir d'ici.

—Mais si ce n'est que la maison qui vous déplaise...

—C'est la maison, c'est mon état, c'est la religion; je ne veux être renfermée ni ici ni ailleurs.

—Mon enfant, vous êtes possédée du démon; c'est lui qui vous agite, qui vous fait parler, qui vous transporte; rien n'est plus vrai: voyez dans quel état vous êtes!»

En effet, je jetai les yeux sur moi, et je vis que ma robe était en désordre, que ma guimpe s'était tournée presque sens devant derrière, et que mon voile était tombé sur mes épaules. J'étais ennuyée des propos de cette méchante supérieure qui n'avait avec moi qu'un ton radouci et faux; et je lui dis avec dépit:

«Non, madame, non, je ne veux plus de ce vêtement, je n'en veux plus...»

Cependant je tâchais de rajuster mon voile; mes mains tremblaient; et plus je m'efforçais à l'arranger, plus je le dérangeais: impatientée, je le saisis avec violence, je l'arrachai, je le jetai par terre, et je restai devant ma supérieure, le front ceint d'un bandeau, et la tête échevelée. Cependant elle, incertaine si elle devait rester, allait et venait en disant:

«Ô Jésus! elle est possédée; rien n'est plus vrai, elle est possédée...»

Et l'hypocrite se signait avec la croix de son rosaire.