«Du fond de mon cœur; ce sont mes pensées et mes sentiments; j'en atteste Dieu qui nous écoute partout, et qui est présent sur cet autel. Je suis chrétienne, je suis innocente; si j'ai fait quelques fautes, Dieu seul les connaît; et il n'y a que lui qui soit en droit de m'en demander compte et de les punir...»

À ces mots, il jeta un regard terrible sur la supérieure.

Le reste de cette cérémonie, où la majesté de Dieu venait d'être insultée, les choses les plus saintes profanées, et le ministre de l'Église bafoué, s'acheva; et les religieuses se retirèrent, excepté la supérieure, moi et les jeunes ecclésiastiques. L'archidiacre s'assit, et tirant le mémoire qu'on lui avait présenté contre moi, il le lut à haute voix, et m'interrogea sur les articles qu'il contenait.

«Pourquoi, me dit-il, ne vous confessez-vous point?

—C'est qu'on m'en empêche.

—Pourquoi n'approchez-vous point des sacrements?

—C'est qu'on m'en empêche.

—Pourquoi n'assistez-vous ni à la messe, ni aux offices divins?

«C'est qu'on m'en empêche.»

La supérieure voulut prendre la parole; il lui dit avec son ton: