—Bon! madame, reprit Hannetillon, cela se devine. J'ai peu fréquenté chez Zulica, et si[60], j'en sais là-dessus autant que Fadaès.

[60] Pourtant. Voir le Bourgeois gentilhomme, acte III, scène V.

—Je le croirais volontiers, dit la favorite.

—Mais, à propos, pourrait-on demander à Grisgrif, dit le sélictar, si c'est pour longtemps qu'il s'est emparé de Zyrphile? Voilà ce qui s'appelle une jolie femme; elle a le corps admirable.

—Eh! qui en doute? ajouta Marmolin.

—Que le sélictar est heureux! continua Fadaès.

—Je vous donne Fadaès, interrompit le sélictar, pour le galant le mieux pourvu de la cour. Je lui connais la femme du vizir, les deux plus jolies actrices de l'Opéra, et une grisette adorable qu'il a placée dans une petite maison.

—Et je donnerais, reprit Fadaès, et la femme du vizir, et les deux actrices, et la grisette, pour un regard d'une certaine femme avec laquelle le sélictar est assez bien, et qui ne se doute seulement pas que tout le monde en est instruit;» et s'avançant ensuite vers Léocris: «En vérité, madame, lui dit-il, les couleurs vous vont à ravir...

—Il y avait je ne sais combien, dit Marmolin, qu'Hannetillon balançait entre Mélisse et Fatime; ce sont deux femmes charmantes. Il était aujourd'hui pour la blonde Mélisse, demain pour la brune Fatime.

—Voilà, continua Fadaès, un homme bien embarrassé; que ne les prenait-il l'une et l'autre?