«—A moi?

«—A toi, oui, à toi...» A l'instant, de sa main gauche il fait bruire l'air de son instrument.

Et l'homme aux deux trous, que vous avez entendu jusqu'ici, dit à l'homme aux deux nez: «Qu'avez-vous? vous vous éloignez.

—Je crains qu'en gesticulant, vous ne me cassiez un de mes nez. Continuez.

—Je ne sais plus où j'en étais.

—Vous en étiez à l'instrument dont le menuisier faisait bruire l'air...

—Il m'applique sur les épaules un coup du revers de son bras droit, mais un coup si furieux, que j'en suis renversé sur le ventre; et voilà ma chemise troussée, un autre derrière à l'air; et le redoutable Anofore qui me menace de la pointe de son outil; et me dit: «Demande grâce, maroufle; demande grâce, ou je t'en fais deux...» Aussitôt je sentis le froid de la mèche du vilebrequin. L'horreur me saisit; je m'éveille; et depuis, je me crois deux trous au cul.»

Ces deux interlocuteurs, ajouta le sultan, se mirent alors à se moquer l'un de l'autre. «Ah, ah, ah, il a deux trous au cul!

—Ah, ah, ah, c'est l'étui de tes deux nez!»

Puis se tournant gravement vers l'assemblée, il dit: «Et vous, pontifes, et vous ministres des autels, vous riez aussi! et quoi de plus commun que de se croire deux nez au visage, et de se moquer de celui qui se croit deux trous au cul?»