—Vous en défaire, n'est-ce pas? Eh bien! mesdames, il faut les voir. Je les prendrai, ou nous ferons un échange...

—Vous n'y êtes pas, monsieur Frénicol; nous n'avons rien à troquer...

—Ah! je vous entends; c'est quelques boucles d'oreilles que vous auriez envie de perdre, de manière que vos époux les retrouvassent chez moi...

—Point du tout. Mais, Sophie, dites-lui donc de quoi il est question!

—Frénicol, continua Sophie, nous avons besoin de deux... Quoi! vous n'entendez pas?...

—Non, madame; comment voulez-vous que j'entende? Vous ne me dites rien...

—C'est, répondit Sophie, que, quand une femme a de la pudeur, elle souffre à s'exprimer sur certaines choses...

—Mais, reprit Frénicol, encore faut-il qu'elle s'explique. Je suis bijoutier et non pas devin.

—Il faut pourtant que vous me deviniez...

—Ma foi, mesdames, plus je vous envisage et moins je vous comprends. Quand on est jeunes, riches et jolies comme vous, on n'en est pas réduites à l'artifice: d'ailleurs, je vous dirai sincèrement que je n'en vends plus. J'ai laissé le commerce de ces babioles à ceux de mes confrères qui commencent.»