«La voluptueuse, celle qui écoute son bijou avec complaisance.
«La courtisane, celle à qui son bijou demande à tout moment, et qui ne lui refuse rien.
«La coquette, celle dont le bijou est muet, ou n'en est point écouté; mais qui fait espérer à tous les hommes qui l'approchent, que son bijou parlera quelque jour, et qu'elle pourra ne pas faire la sourde oreille.
«Eh bien! délices de mon âme, que pensez-vous de mes définitions?
—Je pense, dit la favorite, que Votre Hautesse a oublié la femme tendre.
—Si je n'en ai point parlé, répondit le sultan, c'est que je ne sais pas encore bien ce que c'est, et que d'habiles gens prétendent que le mot tendre, pris sans aucun rapport au bijou, est vide de sens.
—Comment! vide de sens? s'écria Mirzoza. Quoi! il n'y a point de milieu; et il faut absolument qu'une femme soit prude, galante, coquette, voluptueuse ou libertine?
—Délices de mon âme, dit le sultan, je suis prêt à convenir de l'inexactitude de mon énumération, et j'ajouterai la femme tendre aux caractères précédents; mais à condition que vous m'en donnerez une définition qui ne retombe dans aucune des miennes.
—Très-volontiers, dit Mirzoza. Je compte en venir à bout sans sortir de votre système.
—Voyons, ajouta Mangogul.