Le prince dit que oui.
LA SULTANE.
Fut-elle répondue?
LA SECONDE FEMME.
Le prince dit que non.
LA SULTANE.
Et pourquoi?
LA SECONDE FEMME.
«Je n'avais garde, dit le prince, de me fier à Serpilla, et cela sous les yeux de la fée, qui nous aurait devinés d'abord, et qui ne m'aurait jamais pardonné cette intrigue. Azéma fut désolée de mon silence, mais elle ne se plaignit pas. Sa méchante amie se fit un mérite auprès d'elle de la démarche hardie qu'elle avait faite pour la servir, et Azéma l'en remercia sincèrement. Rousch ne fut pas si scrupuleux que moi; on dit qu'il tira parti de Serpilla. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'on remarqua de la liaison entre eux, et qu'ils formèrent avec Lubrelu une espèce de triumvirat qui mit en fort peu de temps la cour de la fée sens dessus dessous. On s'évitait, on ne se parlait plus; c'étaient des caquets et des tracasseries sans fin; on se boudait sans savoir pourquoi, et la fée en était de fort mauvaise humeur.»
LA SULTANE.