Continuez, madame seconde.
LA SECONDE FEMME.
Divine fut l'autre fille de Lively. Génistan l'avait eue de cette aimable et singulière princesse, dans l'âge de maturité. Elle rassemblait tant de qualités, que les fées en devinrent jalouses. Elles ne purent souffrir qu'une mortelle les égalât. Elles lui envoyèrent les pâles couleurs, dont elle mourut avant qu'on eût trouvé quelqu'un digne d'être son médecin.
LA SULTANE.
Continuez, premier émir.
LE PREMIER ÉMIR.
Il y eut aussi, dans la famille, des héros. L'histoire du Japon parle d'un dont la mémoire est encore en vénération, et dont on voit le portrait sur les tabatières, les écrans, les paravents, toutes les fois que la nation est mécontente du prince régnant: c'est ainsi qu'elle se permet de s'en plaindre. Il reconquit le trône usurpé sur ses ancêtres. La race ne tarda pas à s'éteindre; tout dégénéra, et l'on sait à peine aujourd'hui en quel temps Génistan et Polychresta ont régné. Il ne reste d'eux qu'une tradition contestée. On parle de leur âge, comme nous parlons de l'âge d'or. Il passe pour le temps des fables.
LA SULTANE.
Je ne suis pas mécontente de votre conte; je ne crois pas avoir eu depuis longtemps un sommeil aussi facile, aussi doux, aussi long. Je vous en suis infiniment obligée.
Elle ajouta un petit mot agréable pour sa chatouilleuse, et les renvoya.