Le seul remède à cela consiste à changer le mode d’inspection et à le confier exclusivement à l’administration de la police, qui traquera les pharmaciens-drogueurs comme elle le fait pour les autres marchands qui trompent sur la nature de la marchandise. Le pharmaceuticus honorabilis ne pourrait qu’y gagner, car il serait bientôt débarrassé de cette honteuse concurrence.

Ceci nous prouve que parmi les ennemis naturels du médecin, et j’entends par ennemi naturel tout individu qui, volontairement ou involontairement, lui porte préjudice parce qu’il y trouve son intérêt, l’apothicarius venenosus peut hardiment revendiquer la première place.

Ceci nous prouve encore que dans toute la création il n’existe pas un être aussi doux, aussi bon, aussi patient que le médecin, qui se laisse gruger, piller et dévaliser sans rien dire par les pharmaciens-drogueurs, rebouteurs, consultants sans diplôme et autres corsaires qui vivent de son bien et en vivent mieux que lui.

Il ressemble à ces vieux brahmines qui se laissent dévorer par la vermine sans vouloir, par scrupule de conscience, s’en débarrasser.


HOMMAGE AU DOCTEUR HÉNOQUE.

Honneur et gloire à toi, praticien habile !

Espoir de l’affligé dont tu taris les pleurs !

N’en déplaise aux Midas, dont pullule la ville,

On trouve en ton savoir la fin de ses douleurs !