Quand on viendra visiter M. le professeur de conchyliologie et zoophytologie, on le trouvera dans un cabinet spécial, où il pourra parler de coquillages et de zoophytes pendant quatre minutes sans commettre d’erreurs de classification. Vite, vite, c’est le professeur de l’École de pharmacie qu’on veut voir ; il passe dans un cabinet, où tout à coup il devient aussi savant pharmacien que l’illustre Diafoirus. — Qui demandez-vous ? M. le professeur du collége Rollin ? Entrez dans ce cabinet à gauche. — Non ? C’est M. le professeur de l’École normale ? — Alors, attendez dans ce cabinet à droite. — Quoi ! c’est M. le membre de l’Institut ? Que ne le disiez-vous : c’est la porte au fond du corridor, vous verrez son portrait en costume d’Hermès, le doigt sur les lèvres, emblème du prudent silence qu’il garde perpétuellement à l’Institut. Il fallait aussi une pièce pour les livres et les collections, mais ce chapitre a subi depuis peu de temps de grandes pertes, de sorte qu’on logera assez facilement ce qu’il en reste.

Une buse qui convoite la maison de M. Valenciennes a le cruel courage de rire de ses larmes et l’impudence de prétendre que toute sa science tiendrait à l’aise dans moins de place que cela. Mais ce propos léger, et peut-être dicté par l’envie, ne doit être accepté que sous toutes réserves.

Ce congé intempestif, signifié au commencement de la saison rigoureuse, refroidirait considérablement le zèle scientifique de M. Valenciennes. Il serait possible, pour punir la société de son déménagement, qu’il brûlât la magnifique classification qu’il vient d’imaginer ; je le crois incapable de porter une main farouche et barbare sur ses propres lauriers ; mais comme, à la rigueur, il pourrait, sous prétexte qu’on le chasse de son nid, refuser de couver cet œuf pondu par son noble génie, je vais dévoiler cette magnifique conception ; au moins la science ne perdra pas tout. Voici la chose :

On sait que Cuvier a divisé le règne animal en quatre embranchements : les vertébrés, les mollusques, les articulés et les rayonnés. M. Valenciennes divise également son affaire en quatre sections :

Les animaux qui sécrètent :

1o Du phosphate de chaux ;

2o Du carbonate de chaux ;

3o De la silice ;

4o Enfin, ceux qui ne sécrètent rien du tout.

Je crois que, pour imaginer cette classification, l’illustre professeur s’est inspiré de la romance de Malborough : « L’un portait sa cuirasse, l’autre portait son grand sabre, l’autre son bouclier, et l’autre ne portait rien du tout. »