Il est évident que les inconvénients du chloroforme sont infiniment loin de compenser ses avantages. Cependant, pour les opérations légères ou superficielles, on a tenté différents moyens afin de déterminer l’insensibilité totale de la région qu’on doit entamer. Nous possédons pour cela un excellent moyen, qui consiste à employer la glace pilée additionnée d’un cinquième de gros sel. Le mélange réfrigérant, renfermé dans un nouet de mousseline, est appliqué sur la peau ; il produit une congélation superficielle, et au bout de quelques minutes, le bistouri peut labourer les tissus sans faire naître la douleur, à la condition, cependant, de ne pas pénétrer trop profondément.

On ouvre ainsi les anthrax, les abcès sous-cutanés, on arrache les ongles incarnés, etc.

Les Anglais essayent en ce moment de réhabiliter l’anesthésie locale par l’éther. Les liquides volatiles ont la propriété, lorsqu’ils subissent une évaporation rapide, de déterminer un froid intense et inférieur à zéro.

Ils projettent un courant vif d’éther au moyen d’un pulvérisateur, sur la région justiciable du bistouri, et ils opèrent quand la congélation est suffisante.

Ce procédé était déjà connu en France, seulement il était moins perfectionné. On laissait tomber l’éther goutte à goutte, et on obtenait sa vaporisation avec un courant d’air produit par un soufflet.

On a fait ces jours derniers l’application du procédé anglais, et M. D… qui l’employait, a obtenu un résultat assez imprévu. Tout en manœuvrant son appareil, il respirait l’éther volatilisé. Peu à peu il s’engourdit, puis tout à coup tombe profondément endormi sur son malade.

Heureusement que ce dernier n’a pas abusé de la situation et qu’il s’est abstenu d’opérer le chirurgien. Ce résultat n’est pas assez satisfaisant pour m’engager à renoncer à la glace pilée, dont l’action locale est plus constante et plus efficace.


M. Duchartre s’est voué à l’étude de la pousse des plantes. Il a voulu savoir au juste si elles grandissent plus vite pendant le jour que pendant la nuit.

Voilà un problème intéressant que je voudrais voir résoudre en faveur de l’espèce humaine. Cela n’aurait aucune espèce d’utilité, mais on n’est pas fâché de connaître les choses même inutiles.