Les jeunes gens avaient beaucoup de respect pour les vieillards: ils demandaient leurs conseils et se faisaient passer pour vieux; les vieillards, de leur côté, disaient aux jeunes gens que, puisqu’ils avaient vu plus qu’eux, leur devoir était d’ajouter foi à leurs discours, et lorsqu’ils le faisaient, ils n’en étaient que plus estimés des autres. Ils avaient une si haute opinion de la vieillesse, que les jeunes gens ne traitaient avec les anciens que quand ils ne pouvaient faire autrement, comme au moment de se marier; avec les gens mariés ils se tenaient aussi fort peu. C’est pourquoi il était d’usage dans chaque localité d’avoir une grande maison, blanchie à la chaux, mais ouverte de tous les côtés, où les jeunes gens s’assemblaient pour leurs divertissements. Ils jouaient à la balle et à une sorte de jeu de fèves, comme aux dés, ainsi qu’à beaucoup d’autres. Ils dormaient là presque toujours ensemble jusqu’au moment de se marier.
Or, comme j’ai vu qu’en d’autres endroits des Indes ils étaient adonnés à la pédérastie, dans des maisons de ce genre, je n’ai cependant jamais ouï dire que cela eût lieu ici, et je ne crois pas qu’ils en usassent, car on dit que ceux qui sont affligés de cette misère pestilentielle, ne sont pas amateurs des femmes, tandis que ceux-ci le sont. Car ils avaient la coutume d’amener dans ces endroits des femmes publiques, dont ils usaient; or, les malheureuses qui, parmi ce peuple, faisaient ce métier, encore qu’elles se fissent payer, étaient obsédées par un si grand nombre de jeunes gens, qu’elles s’en trouvaient poursuivies jusqu’à en mourir. Ceux-ci avaient la coutume de se peindre en noir jusqu’au moment de leur mariage; il y en avait peu qui se tatouassent auparavant. Dans tout le reste, ils suivaient constamment leurs parents; c’est ainsi qu’ils les servaient si bien dans leurs travaux et qu’ils devenaient de si grands adorateurs d’idoles.
Les femmes élevaient leurs petits enfants avec toute la rudesse et la nudité possibles: la faible créature était à peine venue au monde de quatre ou cinq jours, qu’elles l’étendaient sur un petit lit fabriqué de baguettes d’osier et de roseaux; là, le visage contre terre, elles lui mettaient la tête entre deux planchettes, l’une au front, l’autre à l’occiput, serrées avec force, et le tenaient dans la souffrance jusqu’à ce qu’au bout de quelques jours, la tête ainsi moulée restait à jamais aplatie suivant leurs usages. Il y avait là-dedans tant d’incommodité et de péril pour les petits enfants, que plusieurs en étaient près de mourir; l’auteur de ce livre en a vu un dont la tête s’était trouée derrière les oreilles, ce qui devait arriver à un grand nombre.
Ils étaient élevés tout nus; mais, à l’âge de quatre ou cinq ans, on leur donnait un morceau de toile pour se couvrir, en dormant, et quelques petites bandes pour cacher leur nudité, comme leurs pères; quant aux petites filles, on commençait alors à les vêtir de la ceinture en bas. Ils tétaient beaucoup; car les mères ne laissaient jamais de leur donner du lait, si longtemps qu’elles en étaient capables, quoiqu’ils eussent atteint l’âge de trois ou quatre ans; de là tant de gens forts et robustes dans ce pays. Tout jeunes encore, on les élevait à merveille beaux et forts; mais ensuite avec les bains fréquents que leur faisaient prendre leurs mères, et l’ardeur du soleil, ils devenaient plus bronzés. Durant toute leur enfance, ils étaient vifs et pétulants, toujours armés d’arcs et de flèches, et jouant les uns avec les autres: c’est ainsi qu’ils croissaient, jusqu’à ce qu’ils fussent en état d’adopter la manière de vivre des jeunes gens, et de se donner plus d’importance, en laissant les jeux de l’enfance.
§ XXXI.—Modo de vestir y de adornarse entre las indias de Yucatan.
Que los indias de Yucatan son en general de mejor dispusicion que las españolas, y mas grandes y bien hechas, ca no son de tantas renes como las negras. Precianse de hermosas las que son, y a una mano no son feas; no son blancas sino de color baço, causado mas del sol y del continuo bañarse, que de su natural; no se adoban los rostros como nuestra nacion, y esso tienen por liviandad. Tenian por costumbre acerrarse los dientes dexandolos como diente de sierra y esto tenian por galanteria, y hazian este officio viejas, limandolos con ciertas piedras y agua.
Horadavanse las narices por la ternilla que divide las ventanas por medio para ponerse en el agujero una piedra de ambar y tenianlo por gala. Horadavanse las orejas, para ponerse zarzillos al modo de sus maridos; labravanse el cuerpo de la cinta arriba, salvo los pechos por el criar, de labores mas delicadas y hermosas que los hombres. Bañavanse muy a menudo con agua fria como los hombres, y no lo hazian con sobrada honestidad, porque acaescia demudarse en cueros en el poço donde ivan por agua para ello. Acostumbravan demas de esto bañarse en aqua caliente y fuego y deste poco y por causa mas de salud que limpieza.
Acostumbravan untarse con cierta uncion de colorado como los maridos, y las que tenian possibilidad, echavan la cierta confecion de una goma olorosa y muy pegajosa, y que creo es liquidambar que en su lengua llaman iztah-te, y con esta confecion untavan cierto ladrillo como deseaban que tenian labrado galanas labores, y con aquel se untavan los pechos, y braços, espaldas y quedavan galanas y olorosas, segun les parecia, y duravales muchos dias sin se quitar segun era buena la uncion.
Traian cabelles muy largos, y hazian y hazen dellos muy galan tocado partidos en dos partes, y entrençavanselos para otro modo de tocado. A las moças por casar suelen las madres curiosas curarselos con tanto cuydado que e visto muchas indias de tan curiosos cabellos como curiosas españolas. A las mochachas hasta que son grandecitas, se los trençan en quatro quernos y en dos que les parecen bien.
Las indias de la costa y de la provincia de Bacalar y Campeche son mas honestas en su traje, porque allende de la cobertura que traian de medio abaxo se cubrian los pechos atandoselos por debaxo los sobacos con una manta doblada; las demas todas no traian mas de una vestidura como saco largo y ancho, abierto por ambas partes y metidas en el hasta los quadriles donde se les apretavan con el anchor mesmo y no tenian mas vestidura, salvo que la manta con que siempre duermen, usavan, quando ivan camino, llevar cubierta doblada o arollada, y assi andavan.