Dexando con las cerimonias hechas, echado el demonio, segun su engaño, este año tenian por bueno, porque reynava con la letra Kan el Bacab-Hobnil, del qual dezian no avia peccado como sus hermanos y por esso no les venian miserias en el. Pero porque muchas vezes las avia, proveyo el demonio de que le hiziessen servicios paraque assi quando las uviesse, hechassen la culpa a los servicios o servidores y quedassen siempre engañados y ciegos.

Mandavales pues hiziessen un idolo que llamavan Yzamna-Kauil y que la pusiessen en su templo, y que le quemassen en el patio del templo tres pelotas de una leche o resina que llaman kik y que le sacrificassen un perro o un nombre, lo qual ellos hazian, guardando la orden que en el capitulo ciento dixe, tenian con los que sacrificavan, salvo que el modo de sacrificar en esta fiesta era diferente, porque hazian en el patio del templo un gran monton de piedras y ponian al hombre o perro que avian de sacrificar en alguna cosa mas alta que el, y echando atado al patiente de lo alto a las piedras le arrebatavan aquellos officiales y con gran presteza le sacavan el corazon y lo llevavan al nuevo idolo y se le ofrecian entre dos platos. Ofrecian otros dones de comidas y en esta fiesta vailavan las viejas del pueblo que para esto tenian elegidas, vestidas de ciertas vestiduras. Dezian que descendia un angel y recibia este sacrificio.

§ XXXV.—Fêtes des jours supplémentaires. Sacrifices du commencement de l’année nouvelle au signe Kan.

L’usage, dans toutes les villes du Yucatan, était qu’il y eût, à chacune des quatre entrées de la localité, c’est-à-dire à l’orient, au couchant, au nord et au midi, deux massifs de pierre, en face l’un de l’autre, destinés à la célébration des deux fêtes des jours néfastes; ces fêtes avaient lieu de la manière suivante.

L’année dont la lettre dominicale était Kan, le présage était Hobnil, et, suivant ce que les Yucatèques disaient, ils dominaient tous les deux dans la région du midi. Cette année-là donc ils fabriquaient une image ou figure de terre cuite creuse de l’idole qu’ils appelaient Kan-u-Uayeyab et la portaient aux massifs de pierre sèche qu’ils avaient faits du côté du midi. Ils choisissaient un chef de la ville, dans la maison duquel ils célébraient ces jours-là la fête; à cet effet, ils façonnaient aussi la statue d’un autre dieu nommé Bolon-Zacab[152], qu’ils plaçaient dans la maison du chef élu, exposé dans un endroit où tout le monde pût arriver.

Cela fait, les nobles, le prêtre, et les hommes de la population se réunissaient tous ensemble; ils se rendaient par un chemin balayé et orné d’arcs et de verdure, aux deux massifs de pierre où se trouvait la statue, autour de laquelle ils se rassemblaient avec beaucoup de dévotion. Le prêtre alors l’encensait avec quarante-neuf grains de maïs moulu, mêlés avec de l’encens; les nobles mettaient ensuite leur encens dans la cassolette de l’idole et l’encensaient à leur tour. Le maïs avec l’encens du prêtre s’appelait zacah, et celui que les nobles présentaient chahalté. Ayant encensé l’image, ils coupaient le cou à une poule et la lui présentaient.

Cela terminé, ils plaçaient la statue sur un brancard, appelé Kanté[153], et, sur ses épaules, un ange, comme signe de l’eau et de la bonne année qu’on devrait avoir; quant à ces anges, ils les figuraient épouvantables à voir. Ils emportaient ensuite la statue en dansant avec beaucoup d’allégresse, à la maison du chef, où se trouvait l’autre statue de Bolon-Zacab: pendant qu’ils étaient en chemin, on en apportait aux nobles et au prêtre un breuvage fait de quatre cent vingt-cinq grains de maïs grillé, qu’ils appellent Picula-Kakla, dont tous aussitôt buvaient. Arrivés à la demeure du chef, ils plaçaient l’image qu’ils apportaient vis-à-vis de la statue qui s’y trouvait déjà, et lui faisaient beaucoup d’offrandes de boissons et de mets, de viande, de poisson; ces offrandes étaient partagées, après cela, entre les étrangers qui étaient présents et on ne donnait au prêtre qu’un gigot de daim.

D’autres se tiraient du sang, scarifiant leurs oreilles, et en oignaient une pierre qu’il y avait là, idole nommée Kanal-Acantun. Ils modelaient un cœur de la pâte de leur pain, ainsi qu’un autre pain de graines de calebasses qu’ils présentaient à l’idole de Kan-u-Uayeyab. C’est ainsi qu’ils gardaient cette statue et l’autre durant les jours néfastes, les enfumant de leur encens et d’encens mêlé de grains de maïs moulu. Ils tenaient pour certain que s’ils négligeaient ces cérémonies, ils seraient sujets à des maladies qui étaient du ressort de cette année. Les jours malheureux passés, ils portaient la statue du dieu Bolon-Zacab au temple et l’image de l’autre à la sortie orientale de la ville, afin de l’y aller prendre l’année suivante: ils l’y laissaient et s’en retournaient chez eux, chacun s’occupant de ce qu’il pouvait avoir à faire pour la célébration du nouvel an.

Une fois les cérémonies terminées et le mauvais esprit chassé, dans leur fausse manière de voir, ils tenaient cette année pour bonne, parce qu’avec le signe Kan dominait le Bacab-Hobnil, qui, à ce qu’ils disaient, n’avait pas péché comme ses frères, et c’était à cause de cela qu’il ne leur en venait aucune calamité. Mais comme il arrivait fréquemment d’y en avoir également, le démon s’était arrangé à leur faire établir des cérémonies, de façon à ce qu’en cas de malheur, ils en attribuassent la faute à leurs cérémonies et à ceux qui en étaient les serviteurs, et qu’ainsi ils demeurassent toujours dans l’erreur et dans l’aveuglement.

A son instigation, donc, ils fabriquaient une idole, nommée Yzamna-Cauil[154], qu’ils plaçaient dans son temple, et lui brûlaient dans la cour trois pelotes d’un lait ou résine qu’ils appelaient kik: ils lui sacrifiaient un chien ou un homme, ce qui se faisait avec l’apparat dont il a été parlé au chapitre cent[155] au sujet de ces victimes. Il y avait toutefois quelque différence dans la manière d’offrir ce sacrifice: on établissait dans la cour du temple un grand massif de pierre, et l’homme ou l’animal qui devait être sacrifié était attaché à une sorte d’échafaud plus élevé d’où ils le lançaient sur le massif: les officiers aussitôt le saisissaient et lui arrachaient avec prestesse le cœur, qu’ils portaient à la nouvelle idole, en le lui offrant entre deux plats. On faisait encore d’autres offrandes de comestibles. Dans cette fête, des vieilles femmes, choisies à cet effet, dansaient revêtues d’habillements particuliers. On ajoutait qu’un ange descendait alors et recevait le sacrifice.