dans l’Uraeus, ce reptile singulier qui orne, comme chacun le sait, la coiffure des dieux égyptiens et des pharaons, qui a la faculté de s’enfler la portion supérieure du corps, lorsqu’il s’irrite[175]. Or, dans ce nom d’Uraeus, ne voit-on pas que la première syllabe est encore la racine du mot, hurakan, urogan? Ainsi que le serpent qui représente l’ouragan en Amérique, en Égypte, c’est l’aspic οὐραῖος, l’OURO antique des dieux de Memphis

,

; c’est le Quetzal-cohuatl, emblème également de la puissance royale au Mexique, ainsi qu’en Égypte, le Quetzal-cohuatl qui se dresse en fureur, tel qu’on le voit dans un si grand nombre de monuments, serpent orné de plumes, ainsi que l’Uraeus, décoré également d’un diadème de plumes

dans les monuments égyptiens; c’est le même symbole, dont Salvolini trouvait la valeur phonétique K, sans pouvoir se l’expliquer[176] et qui se montre parfaitement d’accord avec tous les noms de l’Uraeus américain Quetzal-cohuatl (Ketzal-cohuatl), en mexicain, Gukumatz en quiché, et Kukulcan, dans la langue maya[177].

Continuons. L’Épervier, selon tous les égyptologues, est le symbole spécial d’Horus, il est Horus lui-même. Champollion donne, en effet, l’image de cet oiseau pour la légende du nom d’Horus[178] et Salvolini ajoute[179] que «les monuments et les anciens auteurs attestent que l’image d’un Épervier servait habituellement à représenter dans les textes le nom du dieu Horus.» Encore une fois, n’est-ce pas là la lecture du nom de Quetzal-cohuatl, Quetzal, l’oiseau royal au Mexique et dans l’Amérique centrale, cohuatl, le serpent, aussi bien que Kukul-can et Gukumatz, ou bien encore l’Ara ou grand perroquet représentant le soleil au Yucatan, dont le symbole apparaît dans les monuments yucatèques presque partout où, dans les monuments égyptiens, se montre l’Épervier?

§ XIII.