Que estando este religioso autor desta obra en aquella tierra se hallo en un edificio que desbarataron, un cantaro grande con tres asas, pintado de unos fuegos plateados por de fuera, y dentro ceniza de cuerpo quemado, y algunos guessos de los brazos y piernas muy gruessos a maravilla, y tres cuentas de piedra buenas de las que usavan los indios por moneda. Que estos edificios de Yzamal eran XI o XII por todos sin aver memoria de los fundadores, y que en uno dellos, a instancia de los indios, se poblo un monesterio, el año de MDXLIX que se llamo St Antonio.
Que los segundos edificios mas principales son los de Tikoch y Chicheniza los quales se pintaran despues. Que Chicheniza es un assiento muy bueno, X leguas de Yzamal y XI de Valladolid, donde dizen que reynaron tres SSʳᵉˢ hermanos que vinieron a aquella tierra de la parte de Poniente, los quales eran muy religiosos, y que assi edificaron muy lindos templos y que vivieron sin mugeres muy honestamente, y que el uno de estos se murio o se fue, por lo qual los otros se hizieron parçiales y deshonestos, y que por esto los mataron. La pintura del edificio mayor pintaremos despues, y escriviremos la manera del pozo donde hechavan hombres vivos en sacrificio, y otras cosas preciosas: tiene mas de VII estados de hondo hasta el agua y de ancho mas de cient pies hecho redondo en una peña tajada, que es maravilla, y el agua parece verde, dizen que lo causan la arboleda de que esta cercado.
§ V.—Provinces du Yucatan. Ses principaux édifices antiques.
Quelques anciens du Yucatan disent avoir entendu de leurs ancêtres que cette terre fut occupée par une race de gens qui entrèrent du côté du levant et que Dieu avait délivrés en leur ouvrant douze chemins par la mer. Or si cela était vrai, il s’ensuivrait nécessairement que des Juifs seraient descendus tous les habitants des Indes Occidentales, parce que, passé le détroit de Magellan, ils avaient dû s’étendre en plus de deux mille lieues de terre, dans ce qui est aujourd’hui gouverné par l’Espagne[25].
Dans ce pays, il n’y a qu’une seule langue, ce qui a été fort utile pour sa conversion, quoique sur les côtes il y ait quelque différence dans les mots et dans la manière de parler. Ceux de la côte sont aussi plus aimables dans leur commerce habituel et plus gracieux dans leur langage; les femmes s’y couvrent la gorge, ce qu’elles ne font pas à l’intérieur.
Cette contrée est partagée en provinces sujettes aux localités espagnoles les plus voisines. La province de Chectemal et de Bac-halal est sujette à Salamanca[26]. La province d’Ekab, celle de Cochuah et celle de Kupul sont sujettes à Valladolid[27]. Celle d’Ahkinchel et d’Yzamal, celle de Zututa, celle de Hocabai-Humun, celle de Tutu-Xiu, celles de Cehpech et de Chakan sont sujettes à la cité de Merida[28]; celle de Camol, de Campech, de Champutun et de Tixchel relèvent de San Francisco de Campêche.
Il y a dans le Yucatan beaucoup d’édifices de grande beauté, qui sont la chose la plus remarquable qu’on ait découverte dans les Indes; ils sont tous de pierre de taille fort bien travaillée, quoiqu’il n’y ait en ce pays aucun métal avec lequel on ait pu les mettre en œuvre[29]. Ces édifices, qui sont fort rapprochés les uns des autres, sont des temples, et la raison pour laquelle il y en a tant, c’est que les populations changeaient fréquemment de localité; or, en chaque bourgade ils édifiaient un temple, en vue de l’abondance extraordinaire de la pierre et de la chaux et d’une terre blanche qui s’y trouve, particulièrement propre à bâtir.