Que hazen guisados de legumbres y carne de venados y aves monteses y domesticas que ay muchas, y de pescados que ay muchos, y que assi tienen buenos mantenimientos, principalemente despues que crian puercos y aves de Castilla.
Que por la mañana toman la bebida caliente con pimienta, como esta dicho y entre dia las otras frias, y a la noche los guisados. Y que si no ay carne hazen sus salsas de la pimienta y legumbres. Que no acostumbravan comer los hombres con las mugeres, y que ellos comian por si en el suelo, o quando mucho sobre una serilla por mesa: y que comen bien quando lo tienen, y quando no, sufren muy bien la hambre y passan con muy poco. Y que se lavan las manos y la boca despues de comer.
§ XXI.—Nourriture et repas des Indiens mayas.
Leur principale subsistance est le maïs, dont ils font des mets et des breuvages variés: en le buvant même à leur manière, cela leur sert à la fois de boire et de manger. Les Indiennes mettent la veille le maïs tremper durant une nuit dans de l’eau, mêlée de chaux; au matin, il se trouve ramolli et à moitié cuit, et elles lui ôtent ainsi la peau et le germe. Elles le moudent ensuite sur une pierre, et c’est lorsqu’il est à demi moulu qu’elles le donnent aux ouvriers, aux voyageurs et aux navigateurs sous forme de grandes pelotes: ceux-ci les emportent et elles leur durent plusieurs mois, sans autre détérioration que de s’aigrir. Lorsqu’ils veulent s’en servir, ils en prennent une poignée qu’ils délayent avec de l’eau dans un vase formé de l’écorce du fruit d’un arbre que Dieu leur a donné, les pourvoyant ainsi de vases naturels: ils y boivent cette substance et mangent le reste, ce qui leur fait une nourriture savoureuse et qui les soutient à merveille. De la portion moulue entièrement, ils tirent du lait qu’ils épaississent au feu et dont ils font une sorte de bouillie pour le matin: ils la boivent chaude, et sur ce qui reste du matin ils jettent de l’eau pour le boire durant le jour; car ils ne sont pas accoutumés à boire de l’eau seule. Ils font griller aussi du maïs et le moudent ensuite, le délayant dans de l’eau, ce qui fait une boisson fort fraîche, en y mêlant un peu de piment des Indes ou de cacao[105].
Ils font encore du maïs et du cacao, réduits en poudre, une sorte de boisson écumante fort savoureuse[106]: c’est avec cela qu’ils célèbrent leurs fêtes. Ils retirent du cacao une graisse qui ressemble à du beurre, et de cette graisse mêlée avec du maïs composent un autre breuvage savoureux et fort estimé. Ils font également une boisson de la substance du maïs moulu et cru, qui est fort rafraîchissante et agréable. Ils font du pain de différentes manières bon et salubre, sauf qu’il est indigeste lorsqu’on le mange froid; aussi les Indiennes passent-elles beaucoup de temps au travail afin d’en faire plusieurs fois le jour. On n’a pu réussir encore à en faire de la farine qu’on puisse pétrir comme celle du froment, et ce qu’on a essayé d’en faire en guise de pain de froment ne valait rien.
Ils préparent des ragoûts de légumes et de gibier, gros et menu, d’oiseaux sauvages et domestiques, qu’ils ont en grand nombre; aussi ont-ils de cette façon de fort bonnes provisions de bouche, surtout depuis qu’ils ont commencé à élever la volaille et les porcs de Castille.
Au matin, ils prennent leur boisson chaude au piment, ainsi qu’on l’a fait voir; de jour, ils boivent les autres froides et mangent les ragoûts la nuit: à défaut de viande, ils composent des sauces de piments et de légumes. Les hommes n’avaient pas la coutume de manger avec les femmes: ils prenaient leurs repas seuls, sur le sol ou bien sur une natte qui leur servait de table. Ils sont de fort bon appétit, quand ils ont de quoi se satisfaire; sinon, ils souffrent très-patiemment la faim et font avec peu. En finissant de manger, ils se lavent les mains et la bouche.
§ XXII.—Como estos indios se labravan el cuerpo. Sus borracheras, vino, banquetes. Farsantes, musica y bailes.
Labravanse los cuerpos y quanto mas, tanto mas valientes y bravosos se tenian, porque el labrarse era gran tormento que era desta manera. Los oficiales dello labravan la parte que querian con tinta, y despues sejavanle delicadamente las pinturas, y assi con la sangre y tinta quedavan en el cuerpo las señales, y que se labran poco a poco por el tormento grande, y tambien se ponen despues malos, porque se les enconavan los labores, y haziase materia, y que con todo esso se mofavan de los que no se labravan. Y que se precian muchos de ser requebrados y tener gracias y habilidades naturales, y que ya comen y beben como nosotros.