Que los yucataneses son muy partidos y hospitales, porque entra nadie en su casa a quien no den la comida o bevida, que tienen de dia de sus bevidas, de noche de sus comidas, y si no las tienen, buscanlo por la vezindad; y por los caminos si les junta gente, a todos an de dar dellas, aunque les quepe por esso mucho menos.
§ XXIII.—Commerce et monnaie. Labour et semailles. Justice et hospitalité.
La principale industrie de ces Indiens était celle de potier et de charpentier; ils étaient chargés de fabriquer les idoles d’argile et de bois, auxquelles, toutefois, ils ne mettaient la main qu’après un certain nombre de jeûnes et d’observances religieuses; mais ils y faisaient un bénéfice considérable. Il y avait aussi parmi les Mayas des chirurgiens, ou pour mieux dire, des sorciers qui guérissaient les maladies à l’aide des simples, mais avec beaucoup de rites superstitieux; et ainsi de toutes les autres professions.
Celle à laquelle ils avaient le plus de propension était le commerce: ils transportaient du sel, des étoffes et des esclaves à la terre d’Ulua et à Tabasco, les échangeant contre du cacao et des bagatelles de pierre qui étaient leur monnaie[112]: c’est avec cela qu’ils étaient accoutumés d’acheter des esclaves ou d’autres bagatelles de pierre, mais plus fines et plus belles, que leurs chefs portaient comme des joyaux dans les fêtes. Ils avaient encore une autre sorte de monnaie, faite de certaines coquilles rouges et qui servaient également à orner leurs personnes: ils les portaient dans des bourses de filet qu’ils avaient; et dans leurs foires ils traitaient de toutes les choses que produit cette contrée. Ils donnaient à crédit, prêtaient et payaient honnêtement et sans aucune usure.
Par-dessus tout ils étaient cultivateurs, recueillaient le maïs et les autres graines qu’ils conservent dans des greniers et des lieux parfaitement appropriés, pour les vendre en leur temps. Les hommes remplaçaient les mules et les bœufs. Pour chaque ménage, ils ont l’habitude de semer une mesure de quatre cents pieds en carré, qu’ils appellent hun-uinic, ce qui est une mesure avec une verge de 20 pieds, 20 en hauteur et 20 en largeur.
Ces Indiens ont la bonne coutume de s’entr’aider mutuellement dans tous leurs travaux. Au temps des semailles, ceux qui n’ont pas suffisamment de monde à eux pour les faire, se réunissent de vingt en vingt, plus ou moins, et s’occupent tous ensemble, suivant sa mesure et son étendue, du champ de chacun d’eux et n’en laissent point jusqu’à ce que le tout soit terminé. Les terres aujourd’hui sont communes, et le premier occupant en devient le possesseur. Ils sèment en un grand nombre d’endroits, afin que les semailles d’un champ venant à manquer, l’autre y supplée. En labourant la terre, ils n’y font d’autre engrais que d’y réunir les mauvaises herbes et de les brûler avant d’ensemencer: ils la travaillent depuis la mi-janvier jusqu’en avril, et ils sèment alors à l’entrée des pluies; ils le font, portant un petit sac sur les épaules et creusant avec un bâton pointu un trou dans la terre où ils jettent cinq ou six grains, les recouvrant ensuite avec le même bâton. Du moment qu’il commence à pleuvoir, c’est une chose merveilleuse de voir comme tout pousse. Pour la chasse, ils se réunissent également de cinquante en cinquante, plus ou moins: ils font ensuite rôtir la chair du gibier sur des grils, afin qu’elle ne se gâte point; arrivés à la ville ou à la bourgade, ils font leurs présents au seigneur et se distribuent le reste entre eux comme des amis. Ils en font de même avec la pêche.
Dans leurs visites, ces Indiens portent toujours quelque présent qu’ils puissent offrir, chacun suivant sa qualité: la personne visitée répond par un don analogue. Durant ces visites, les tiers parlent et écoutent avec attention, selon le rang et le langage de la personne à qui ils s’adressent: tous, néanmoins, se tutoient; mais, dans le cours de la conversation, le plus infime répète par égard le titre de l’office ou de la dignité des plus élevés. Un usage fort commun, c’est d’aider celui qui délivre un message, en répondant par quelques petits sons cadencés, produits par l’aspiration dans la gorge et qui est comme s’ils disaient: Il suffit, c’est fort bien. Les femmes sont brèves dans leurs raisonnements, n’étant pas accoutumées à traiter pour elles-mêmes, surtout si elles étaient pauvres; aussi les seigneurs raillaient-ils les moines de ce qu’ils prêtaient attention aux pauvres et aux riches sans distinction.
Quant aux offenses qu’ils commettaient les uns contre les autres, c’était le seigneur du lieu d’où était le coupable qui envoyait donner satisfaction; autrement, c’était une occasion et un motif pour des querelles. Si l’offenseur et l’offensé étaient du même endroit, ils en faisaient part au juge, qui était l’arbitre, et qui, sur examen du dommage, ordonnait la satisfaction; si l’offenseur n’avait pas de quoi satisfaire seul, ses parents et sa femme l’y aidaient. Ce qui pouvait donner lieu à des satisfactions de ce genre, c’était si l’un des deux en tuait un autre par accident; si par hasard le mari ou la femme venait à se pendre par quelque faute du conjoint; si quelqu’un était cause d’un incendie soit d’une maison ou d’un héritage, de ruches à miel ou d’un grenier de maïs. S’il s’agissait d’offenses ou de dommages causés par malice, la satisfaction ne s’obtenait jamais sans qu’il y eût des coups ou du sang versé.
Le Yucatèque est libéral et hospitalier: personne n’entre dans sa maison qu’il ne lui offre aussitôt à boire et à manger; de jour, de la bouillie ou du breuvage accoutumé; de nuit; de son dîner. S’il ne l’a point, il va le chercher dans le voisinage; si, en route, du monde se joint à lui, avec tous il partage, quelque peu qu’il puisse y avoir pour chacun d’eux.