Lorsque quelqu’un désirait faire baptiser son enfant, il allait au prêtre et lui faisait part de son intention: celui-ci publiait le baptême dans toute la commune, ayant soin toujours que la cérémonie ne tombât pas en un jour malheureux. Cela fait, celui qui en avait fait la proposition, et qui, par conséquent, se chargeait de la fête, choisissait à son goût un des principaux de la localité, afin de l’aider dans tout ce qui y avait rapport. Après cela, on avait coutume d’en choisir encore quatre autres d’entre les anciens et des plus honorables, qui prêtaient secours au prêtre dans ses fonctions le jour de la fête: ce choix se faisait toujours d’accord avec le prêtre lui-même. Les pères de tous les enfants à baptiser avaient également part à cette élection, car la fête était du ressort de tous: à ceux qui avaient été désignés pour accompagner le prêtre on donnait le titre de chac[115]. Durant les trois jours précédant la fête, les pères des enfants jeûnaient ainsi que ces officiers, s’abstenant d’user de leurs femmes.

Au jour convenu, tous ensemble se réunissaient dans la maison de celui qui faisait la fête, amenant avec eux les enfants à baptiser: on les rangeait dans la cour ou la place de la maison qui avait été balayée et parsemée de verdure; les garçons se plaçant d’un côté, sous la garde d’un homme qui faisait comme l’office de parrain à leur égard; et de l’autre, les filles à qui l’on donnait une matrone pour prendre soin d’elles.

Cela fait, le prêtre s’occupait à purifier la maison, chassant le démon du lieu. A cet effet, on plaçait un petit banc aux quatre angles de la cour: les quatre chacs s’asseyaient tenant une corde de l’un à l’autre, de façon à ce que les enfants demeurassent en quelque sorte renfermés au milieu, après quoi les pères tous ensemble qui avaient observé le jeûne jusque-là, passaient par-dessus la corde pour entrer dans l’enceinte. Au milieu était une autre banquette où le prêtre s’asseyait, ayant à côté de lui un brasier avec du maïs moulu et de l’encens[116]. Les petits garçons et les petites filles s’approchaient en ordre, et le prêtre leur mettait dans la main un peu du maïs et de l’encens qu’ils jetaient tour à tour dans le brasier. Cela passé et les encensements terminés, on enlevait le brasier et la corde dont les chacs faisaient l’enceinte; ceux-ci versaient un peu de vin dans un vase qu’ils donnaient avec ces choses à un homme pour les porter hors de la commune, en lui recommandant surtout de ne pas boire le vin et de ne pas regarder par derrière à son retour. De cette manière, on disait que le démon était chassé.

On balayait ensuite la cour et on la nettoyait de la verdure qui s’y trouvait et qui était des feuilles d’un arbre appelé cihom; on les remplaçait par d’autres d’un arbre nommé copo, et on étendait quelques nattes, pendant que le prêtre revêtait ses habits. Il se présentait bientôt après revêtu d’une tunique de plume rouge, travaillée d’autres plumes de diverses couleurs et d’où pendaient d’autres plumes plus grandes, et par-dessus comme une grande quantité de rubans de coton qui pendaient jusqu’à terre: sur la tête il portait une sorte de mitre travaillée en plume de la même manière, et à la main comme un petit goupillon de bois, sculpté avec art, dont les poils étaient des queues de serpent analogues aux serpents à sonnette. Il sortait ainsi n’ayant ni plus ni moins de gravité qu’un pape en aurait pour couronner un empereur; et c’est une chose notable de voir la sérénité que lui donnait tout cet appareil. Les chacs aussitôt s’avançaient vers les enfants et leur mettaient sur la tête des linges blancs que leurs mères avaient apportés à cet effet. Ils demandaient aux plus grands s’ils n’avaient pas commis quelque péché ou attouchement obscène, et s’ils l’avaient fait, ils le confessaient et on les séparait des autres.

Cela terminé, le prêtre commandait à tout le monde de s’asseoir et de se taire; il se mettait ensuite à bénir les enfants avec certaines prières, et à les sanctifier avec son goupillon avec beaucoup de majesté. La bénédiction finie, il s’asseyait: celui que le père des enfants avait choisi pour aider principalement à cette fête, se levait alors, et armé d’un os que le prêtre lui donnait, il allait à chaque enfant et le lui passait neuf fois au front; il le trempait ensuite dans un vase d’eau qu’il portait à la main, en oignait à tous le front et le visage, ainsi que les interstices des doigts des pieds et des mains, sans dire un seul mot. Cette eau se composait de certaines fleurs et de cacao mouillé et délayé dans de l’eau vierge qu’ils disaient provenir des concavités des bois ou des montagnes.

A la suite de cette onction, le prêtre se levait; il leur ôtait de la tête les linges blancs qu’on leur avait mis, ainsi que d’autres qu’ils avaient aux épaules, où chacun d’eux portait quelques plumes d’un fort bel oiseau et des grains de cacao. L’un des chacs recueillait toutes ces choses, après quoi le prêtre coupait avec un couteau de pierre aux petits garçons ce qu’ils portaient attaché à la tête; derrière le prêtre marchaient ses autres aides, un bouquet de fleurs à la main avec une pipe à parfums que les Indiens ont coutume de fumer; ils en faisaient neuf passes à chaque enfant et ensuite lui donnaient tour à tour à sentir le bouquet et à aspirer la pipe. Ils recueillaient après cela les présents que les mères avaient apportés et en donnaient un peu à manger là même à chacun des enfants; car ces présents étaient de victuailles. Ils prenaient un grand vase rempli de vin, ils l’offraient rapidement aux dieux, en les priant avec des paroles de dévotion d’agréer ce faible hommage de la part des enfants, puis appelant à eux un autre officier, dont le titre était Cayom, ils lui donnaient le vase qu’il devait vider d’un trait; car s’arrêter pour prendre haleine eût été un péché.

La cérémonie achevée, les jeunes filles prenaient congé du prêtre; mais auparavant leurs mères leur enlevaient le cordon qu’elles avaient porté jusque-là autour des reins avec la coquille, insigne de leur pureté, ce qui était comme une permission de pouvoir se marier, quand il plairait aux parents de leur choisir un époux. Après les filles venaient les garçons, qui comme elles prenaient congé du prêtre; puis arrivaient les pères qui, s’approchant du monceau de linges qu’ils avaient apportés, les distribuaient de leurs mains aux officiers et assistants. La journée se terminait avec un grand festin où ils mangeaient et buvaient en abondance. La fête avait pour nom Em-Ku, c’est-à-dire descente de Dieu. Celui qui l’avait célébrée, surtout en la mettant en train et en en faisant les frais, devait, en outre des trois jours d’abstinence qu’il avait eus en forme de jeûne, s’abstenir encore durant neuf jours, et il le faisait inviolablement.

§ XXVII.—Confesion entre los yucataneses. Abstinecias y supersticioncs. Variedad de idolos. Officios de los sacerdotes.

Que los yucataneses naturalmente conocian que hazian mal, y por que creian que por el mal y pecado les venian muertes, enfermedades y tormentos, tenian por costumbre confessarse, quando ya estava en ellos, en esta manera: que quando por enfermedad o otra cosa, eran en peligro de muerte, confessavan su peccado, y si se descuydavan, traianselo los parientes mas cercanos o amigos a la memoria, y ansi dezian publicamente sus peccados, si estava alli el sacerdote, a el, sino a los padres y madres, y las mugeres a los maridos, y maridos a las mugeres.

Los peccados de que comunmente se acusavan, eran del hurto, homicidio, de la carne, y falso testimonio, y con esto se creian salvos, y muchas vezes si escapavan avia rebueltas entre el marido y la muger, por las desgracias que les avian succedido, y con las que las avian causado.