—Vive le Christ, roi de Florence! Vive sainte Marie, notre reine! criaient les petits.
—De front! En avant! ordonnaient les jeunes capitaines.
La musique retentit, les étendards se déplièrent et les régiments se mirent en marche.
Sur la place de la Seigneurie, devant le Palazzo Vecchio, était ordonné «le bûcher des vanités»—Bruciamento delle vanità. L'armée sacrée, pour la dernière fois, devait faire sa ronde dans Florence pour ramasser les Vanités et les anathèmes.
Lorsque la cour fut vide de nouveau, Giovanni aperçut messer Cipriano Buonaccorsi, le prieur de Calimala, l'amateur d'antiquités, dans la villa duquel, à San Gervasio, avait été trouvée l'antique statue de Vénus. Giovanni le salua. Ils causèrent. Messer Cipriano raconta que Léonard de Vinci, envoyé par le duc de Milan, était depuis peu de jours arrivé à Florence pour acheter les œuvres d'art des palais dévastés par l'armée sacrée. Dans ce même dessein également était à Florence Giorgio Merula. Le commerçant pria Giovanni de le conduire auprès du supérieur et ils se rendirent tous deux dans la cellule de Savonarole.
Resté près de la porte, Beltraffio entendit la conversation de Buonaccorsi et du prieur de San Marco.
Messer Cipriano proposa d'acheter pour vingt-deux mille florins or tous les livres, tableaux, statues et objets d'art qui devaient ce jour-là être livrés aux flammes.
Le prieur refusa.
Buonaccorsi réfléchit et ajouta huit mille florins.