—Ensemble...

—Non, fra Girolamo priera seulement, mais il ne subira pas l'épreuve.

—Comment, ne subira pas l'épreuve? Qui donc si ce n'est lui! D'abord Domenico, puis Girolamo et ensuite nous tous qui nous sommes inscrits au couvent de San Marco.

—Est-il vrai que le Père Girolamo ressuscitera un mort?

—Oui. D'abord le miracle du feu, ensuite la résurrection d'un mort. J'ai lu moi-même sa lettre au pape, lui demandant de désigner l'adversaire: «Nous nous approcherons tous deux de la tombe et chacun à notre tour dirons: «Lève-toi!» Celui d'après l'ordre duquel le mort se lèvera, sera le prophète, et l'autre, l'imposteur.»

—Attendez, mes frères, vous en verrez bien d'autres. Si vous avez la Foi, le Christ en chair et en os vous apparaîtra marchant sur des nuages. Nous aurons des miracles, comme on n'en a pas vu même dans l'antiquité.

Amen! Amen! murmurait la foule.

Et les visages pâlissaient, une étincelle démente s'allumait dans les yeux.

La foule, en un mouvement en avant, les entraîna. Une dernière fois Giovanni regarda la statue de Verrocchio. Et il lui sembla, dans le sourire tendre, malin et impartialement curieux de Thomas l'Incrédule, reconnaître le sourire de Léonard.

III