—Dom Faustino! Eh! dom Faustino! murmurait un paysan en touchant le coude du curé. Nous sommes de pauvres gens... Nous ne remuons pas l'or à la pelle... On nous accusera... On nous ruinera...
Bien des fidèles, entendant parler de la milice, que l'on craignait plus que le diable, ne songeaient qu'à s'éclipser inaperçus.
—Il serait dans son droit si on avait fouillé la terre de l'Église, mais ce n'est pas le cas! disaient les uns.
—Le sillon passe là; ils sont dans leur droit...
—Le droit? La loi? Cela a été écrit pour les puissants, répliquaient d'autres.
—C'est vrai! Mais chacun est maître sur ses terres.
Giovanni contemplait toujours la Vénus.
Un rayon de soleil matinal s'était glissé par une lucarne. Le corps de marbre, encore taché de terre, scintillait comme s'il se réchauffait après un long séjour dans le froid et les ténèbres. Les tiges fines de la paille s'allumaient, entourant la déesse d'une auréole dorée.
Et de nouveau Giovanni regarda l'inconnu.
Agenouillé auprès de la statue, il avait retiré de ses poches un goniomètre, un compas, et avec une expression de curiosité tenace, calme et obstinée dans ses yeux bleus froids et fins, ainsi que sur ses lèvres serrées, il commença de mesurer les diverses parties de ce corps superbe, en inclinant la tête de si près, que sa longue barbe blonde caressait le marbre.