Vous cueur vilain et malebouche
Gens oultrageux et inutiles
Maldiz de la divine bouche
Par voz escriptz et euvres viles
Par quel venin. sont maintes ysles
Infectes et empoisonnees
Et maintes nobles et habiles
Dames/ d'honneur dessaisonnees
De vous se plaint dame nature
Et aussy la noble substance
Des dames/ que de voustre ordure.
Crient/ d'une voix par vengance
Les cieulx ont prins en desplaisance
De leur clarté vous aporter
Et la terre grant ennuyance
De vous nourrir et supporter
Dieu et diables/ et tout le monde
Les cieulx les anges. saints et sainctez
Sont contre vous: gens tresimmonde.
Et font encontre vous leurs plaintes
Doutes pensees sont restraintes
Et de plorans douleurs serrees
Parquoy leurs joies sont contraintez
Tant lez avés vous vergondees
Vous avez ne sçay a quel cause
A quel fin. ne a quel prouffit
Fait en escript tant mainte clause
Et maint injurieux escript
Contre la femme. par despit
Qui vous esmeut a voustre tort
Dont vous serez comme maldit.
Par moy mis a amere mort.
Toute vilaine puantise
Que cueur pense ou langue peut dire
Avez sur la nature mise
Des femmes/ qui en meurent dire
Encores ne vous peut souffire
De blasmer bonnes et mauvaises
Mais lez voulez faire despire
Des hommes. comme lez punaises
Vous estes pieres que antecrist
Qui voulez abuser les ames
Pour plus desplaire a jesucrist
En diffamant ainsy lez dames
Mais luy qui fist hommes et femes
Envoyé vous a voustre helie
Pour les excuser de voz blasmes
Ains que chescun s'y affolie
Je vueil bien que vouz l'entendez
J'ame noblesse feminine
Et porte nuit et jour bendez
Mes arcs. pour vous mectre a ruine
Mon cueur vers elles tant s'encline
Tout mon bien gist et pend en elle
Sy vueil par armes et doctrine
Vivre et morir en sa querelle
Souviengne vous de voz escriptz
Qui sont an romant de la rose
Injurieusement escriptz
Et contre dieu bien dire l'ose
Et de mainte autre puant glose
Qui est vilaine pour espardre
Les mescreans qui lez propose
Dignes sont que l'on les fist ardre
Comment est raison sy subgecte
Ou ung cueur d'homme sy failly
De blasmer le lieu et la gecte
Le ventre dont il est sailly
J'en ay le cueur tout tressailly
Du cas qui est contre nature
De veoir le ventre assailly
Du lieu ou/ il prent nourriture
Bestes mues ne le font pas.
Ains elles ament et cherissent
Et suivent toutes pas a pas
Leurs meres. de qui elles yssent
Les droiz en elles s'acomplissent
Et nature y a sa saison
Mais en vous elles se perissent
A qui dieu a donné raison