Tout oyseau cherist la forest
De sa nature dont il ist
Et avec ce que plusfort est
Envis apuantist son nit
Puis donc/ q'un oysillon petit
A celle curiosité
Bien vous doit on nommer despit
Rempliz de furiosité

Il n'est beste tant soit cruelle
Ne nulle rien ou vie est prise
Qui n'ait son par et sa femelle
Et ne la chasse ne desprise
Mais l'omme ou science est esprise
Luy seul il va blasmant son per
Et fait ce dont beste inaprise
Ja ne se vouldroit encoulper

N'estes vous pas sailly de fame
Nourry porté en ses entrailles
Ou contre le cours de toute ame
Sailliz du fons d'unes bouteilles
Fy des langues et merdailles
Qui en telz meffaiz se delictent.
Et blasment veines et ventrailles
De celles ou fault qu'ilz habitent

Preude femme par saint denys
Avez preschié publicquement
Dont il ost moins. que de fenys
Mais vous mentez mauvaisement
Et vous en voustre fondement
Ne valez pas en tout deux pomes
Car je croy et sçay fermement
Qu'il en est plus. que de preudhommes

Ou est l'omme. quant parler fault
Sy ferme au cueur. sy bon sy net
Qui a la foys desir n'assault
Et folle plaisance en soy n'ait
S'il est a maistre. ou s'il se naist
L'on n'en devroit savoir nouvelles
Pourtant vous/ enquerez quant est
Et puis aprés. parlez sur elles

Pourquoy voulez vous plus jugier
Femme estre pute. par pensee
Que les hommes. qui a purgier
Ont tant d'iniquité pensee
Se preude femme au cueur lancee
De sy legier. peut estre pute
Sy bien peut par regle opposee
Tout homme estre rebault injuste

Voulez vous que femmes plus vivent.
Comme ung ymage en ces eglises
Que lez hommes qui tousjours suyvent
Toutes mondaines friandises
A quoy mectez vous voz emprises
Sur elles. plus. et voz embuches
Que sur lez detestables guises
De l'omme ou tant de mal se muches.

Pourquoy parlez vous de pechiez
Des femmes/ et de c'en qu'elles font
Quant les hommes sont entachiez.
Mille foys plus. qu'elles ne sont
Savoir mon. s'en destinee ont
Qu'en bien faisant lez fault blasmer
Et les hommes. quoy qu'ilz meffont
Tousjours les priser et amer

Vous voulez herauder les femmes
Par voz parolles deshonnestes
Mais vous vous obliez vous mesmes
Et descongnoissez qui vous estes
Vous veez lez tendres paillettes
Es yeulx d'autruy. et en bavez
Et ne veez pas faulses bestes
Ung chevron que vous y avez

Et quant tout voustre faulx langage
Seroyt vray/ ce que je vous nie
Quel prouffit ou quel avantage
Vous en vient/ quant on le publie
Besoing n'est pas que le cueur die
Tout ce que son oeil voit et sent
Car quant parler nuit a partie
Le taire est plus expedient