Oncques ne fut besoing d'apprendre
A penser mal. aux gens de bien
Quant chescun en scet assez prendre
Sans qu'on luy en apprengne rien
Aussy les hommes scevent bien
Comment l'on doit amer acop
Car nature leur bon moyen
A chescun n'en apprent que trop
Nature humaine est moult fragile
Et tost inclinee a meffaire
Pourtant est ce chose inutile
De l'amonnester a mal faire
Qui mect la pierre en ung repaire
Que plusieurs fait cheoir et tumer.
Et affolir par mainte paire
Mal pour luy fait a presumer.
Diffamer innocens et justes
Est ung pechié impardonnable
Et encores pecheurs injustes
Est a dieu certes displaisable
Voyez donc/ quelle euvre agreable
Avez fait a dieu et au monde
Qui tout voustre blasme immuable
Sur vous mesmes tourne et redonde
Blasme par envie servy
N'oste pas la bonté au bon
Ne ung grant los indeservy
Ne peut faire ung mauvais plus bon
Ainsy le blasme et le renom
Dont vous. et voz disciples usent
Ne grieve aux dames point/ synon
Que meschans genz trop sy anuisent
Il semble que soyent bouchieres
Toutes dames/ que tresmal sonne
Et qu'elles vendent comme chieres
Leur char. a qui plus leur en donne
En disant qu'il n'y a sy bonne
que n'ait la main pour prendre ouverte
Parquoy. son corps elle habandonne
Mais que la chose soit couverte
En oultre/ voz escriptz contiennent
Qu'il n'est sy bonne ne sy ferme
Que se fors requerans. lui viennent
Qu'elle ne se rende en brief terme
Et s'aucune est/ que se conferme
Sans itel meschief encourrir
Voustre bouche dist et afferme
Qu'il ne tient fors qu'au requerir
Cinq cens telles autres ordures
Vous alleguez. mal gratieuses
A toutes dames a porter dures
Et a tout homme injurieuses
Car se toutes sont curieuses
D'ainsy habandonner leur sain
Selon voz raisons furieuses
Tout homme est donc filz de putain
Fy qu'oncques femme vous porta
Et que son laict vous alaicta
Fy qu'en sez bras vous supporta
Ne de sa main. vous assista
Quant elle en qui dieu vous fait a
Si vilainement condempnez
Certes en qui tel meffait a
Se touppe fort le bout du nez
Vous blasmez ceulx qui femmez prendent
Par honneur et par mariage
Disant que de leur gré se pendent
Et espousent leur malle rage
Cela vous vient d'un faulx courage
Et d'un conseil diabolicque
Qui vouldroit que l'umain parage
Fust tout né en pechié publicque
Faulses gens. vous voulez desrompre.
Ce que dieu nous commande a faire
Et homme de rechief corrumpre
Que tant a cousté a refaire
Se tout homme fuoit l'affaire
De mariage/ tost ou tard
Le monde fauldroit donc deffaire
Ou que tout homme fust bastard